Cécile Duflot, ministre en charge du Grand Paris, a tenté vendredi, lors d’un déplacement en Seine-Saint-Denis, de rassurer des élus franciliens inquiets de la manière dont va se façonner la future Métropole du Grand Paris.

« Le partenariat, la démarche concertée entre l’État et les collectivités (…) sont au fondement de la méthode que je revendique pour l’action publique. C’est cette méthode que j’entends continuer à mettre en oeuvre pour construire le Grand Paris de demain« , a déclaré Mme Duflot.

La ministre s’exprimait devant un aréopage d’élus à l’occasion de la signature du contrat de développement territorial (CDT, liant État et collectivités) de la communauté d’agglomération Est Ensemble, qui regroupe 9 communes de la Seine-Saint-Denis.

La Métropole du Grand Paris, portée sur les fonts baptismaux parlementaires en décembre, doit voir le jour le 1er janvier 2016. Une mission de préfiguration doit en préciser le fonctionnement.

Des tiraillements apparaissent déjà rien que sur la rédaction du décret devant créer cette mission: les élus craignent — par la voix du syndicat mixte Paris Métropole qui regroupe 209 collectivités franciliennes — une mainmise de l’État.

Afin de peser sur le contenu ce décret, qui devrait sortir après les municipales, Paris Métropole a mis sur pied des groupes de travail (fiscalité, territoires, etc.) pour pouvoir présenter des propositions et s’assurer d’une réelle « co-production » élus-État à toutes les étapes de la future Métropole.

Le principe d’une co-présidence de la mission est acquis: elle sera assurée par le préfet de région Jean Daubigny et le président de Paris Métropole, actuellement Daniel Guiraud, le maire PS des Lilas.

Les élus entendent aussi avoir leur mot à dire sur le choix du « préfigurateur« , un poste pour lequel circule le nom de François Lucas, haut fonctionnaire et ancien du cabinet de Jean-Pierre Chevènement au moment de la loi sur l’intercommunalité de 1999.

Le président d’Est Ensemble, Gérard Cosme (PS), a insisté dans son allocution sur la nécessité que le changement institutionnel représenté par la Métropole permette aux projets tels que les CDT de « perdurer » dans le temps.

Le CDT d’Est Ensemble, baptisé « la Fabrique du Grand Paris » en hommage à l’identité ouvrière et populaire du territoire, porte sur des projets économiques, des formations professionnelles en lien avec l’activité du secteur (métiers de techniciens en fibre optique, laborantins en biotechnologies, etc.) et sur la construction de 2.800 logements par an pour participer à l’objectif global de 70.000 logements inscrit dans la loi sur le Grand Paris.

« Nos engagements doivent être tenus au-delà de 2016« , a martelé M. Cosme. 2016 est la date théorique d’entrée en fonction de la Métropole qui engendrera la disparition des communautés d’agglomération en tant qu’entités juridiques pour les remplacer par des « conseils de territoires » aux contours encore flous.

Preuve que le sujet est éminemment politique, cette signature de CDT s’est déroulée en présence notamment de Claude Bartolone, président PS de l’Assemblée nationale, homme fort de la Seine-Saint-Denis et prétendant au poste de président de la future Métropole.

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