Chiara Corazza, 57 ans, nouvelle directrice générale du Women’s Forum, a été quinze ans à la tête de Paris Île-de-France Capitale économique, avant de créer Le Cercle des femmes du Grand Paris. Rencontre avec une femme leader qui dédaigne le qualificatif de « féministe », mais porte haut les valeurs de son sexe dans un monde d’hommes.

Elle a le verbe vif, le regard franc et brillant. Quand elle parle, ça fuse, ça pétille. Elle va vite, trop vite parfois, et laisse peu de place à son interlocuteur. Mais au bout de cinq minutes d’entretien, on sait qu’on fait face à une grande intelligence, pas de celles qui étalent une culture encyclopédique pour emporter l’adhésion ; non, Chiara Corazza a l’intelligence des humanistes. D’ailleurs, elle ne retient des périodes de l’histoire que celles qui ont placé l’homme au cœur de la réflexion. La Renaissance et la Grèce antique en tête. Des périodes fastes sur les plans de la culture, de la prospérité économique et de la liberté d’expression. Elle aime penser global dans tout ce qu’elle entreprend, et applique dans ses rapports humains la phrase de Paul Valéry « enrichissons-nous de nos différences mutuelles », à commencer par nos différences de sexe.

La nouvelle directrice générale du Women’s Forum for the Economy and Society, sorte de Davos au féminin, dont l’édition pari-sienne s’est tenue les 5 et 6 octobre derniers, le clame : « Je ne suis pas féministe ! » Entendre : pas féministe au sens militant du terme. Les slogans « I am a feminist », les seins dévoilés façon Femen pour heurter les consciences, très peu pour elle. Mais face à un monde qui va de plus en plus vite, Chiara Corazza, 57 ans, dont trente-trois dédiés au rayonnement international de Paris et de l’Île-de-France, pense qu’il y a urgence à intégrer la pensée et l’action des femmes. « Les femmes ne peuvent désormais plus se contenter d’exprimer leur vision, elles doivent la traduire en action pour orienter le changement. Il est essentiel de les laisser accéder à des places de leaders. Il est temps que les femmes apportent leur valeur ajoutée aux côtés des hommes. » Elle dit bien aux côtés des hommes, pas contre les hommes. « C’est une approche féminine, pas féministe. » Elle cite en exemple Christine Lagarde, la directrice du FMI, qui l’a promue chevalier de la Légion d’honneur en 2009.

Adeline Fleury

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