En pleine expansion, la deuxième agglomération la plus peuplée au monde, avec 29 millions d’habitants, bat aussi tous les records en matière de pollution de l’air. Comme sur bien d’autres sujets, gouvernement et autorités de la capitale de l’Inde se rejettent la responsabilité. Malgré quelques succès – comme l’inauguration récente d’un grand métro –, Delhi voit son développement métropolitain freiné par une mauvaise coordination des acteurs publics.

Hélène Imatte

Quelque 29 millions d’habitants : un chiffre qui donne le tournis, et qui place la capitale indienne au deuxième rang des agglomérations les plus peuplées au monde, après Tokyo (37 millions) et devant Shanghai (26 millions), selon un récent classement des Nations unies. Le défi du développement métropolitain de Delhi est à cette (dé)mesure. Les retards s’accumulent, aussi bien en termes d’infrastructures basiques comme l’acheminement de l’eau potable qu’en termes de gestion des déchets et de transports en commun. Certains opposants pointent l’immobilisme du gouvernement local d’Arvind Kejriwal, ministre en chef de Delhi, venu du tout jeune parti politique Aam Aadmi Party (AAP) et propulsé à la tête de la ville en février 2015. Mais la métropole pâtit surtout d’un périmètre mal défini : celui d’une gouvernance à plusieurs échelles.

Une multiplicité d’acteurs publics

De fait, l’administration de Delhi se partage entre les gouvernements centraux et régionaux, occasionnant de nombreuses tensions politiques. Au cœur de cette agglomération géante, Delhi est constituée en un « territoire.» qui recense près de 17 millions d’habitants et dotée d’une assemblée législative propre. Ce territoire est l’un des 29 États fédérés indiens dont les pouvoirs dépendent largement du gouvernement central. Sa capitale est New Delhi (250 000 habitants). Avec son aire métropolitaine qui englobe certains districts des États voisins de l’Haryana et de l’Uttar Pradesh, Delhi constitue la Région de la capitale nationale. Elle est pourvue d’une commission de planification chargée du schéma d’organisation territoriale (ou Master Plan) pour notamment développer les villes périphériques de Noida, Ghazia-bad, Faridabad et Gurgaon, censées pallier l’explosion démographique de la capitale. Ces dernières ont su développer de nouveaux secteurs d’activités, telle l’industrie technologique.

Droit photo: © Bertrand Gréco
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