Édouard Balladur: « Paris est la plus petite capitale du monde évolué »

C’est un aspect méconnu de l’histoire de la métropole. L’ancien Premier ministre Édouard Balladur a joué un rôle important dans la création du Grand Paris. C’est lui qui en 2009, à la tête d’un comité sur la réforme des collectivités, a proposé pour la première fois une ébauche de gouvernance. Celui qui a été député de la capitale pendant douze ans a accepté de revenir sur les fortunes diverses de son rapport, dont le volet Grand Paris a été enterré par Nicolas Sarkozy. Ironie de l’histoire, c’est aujourd’hui Manuel Valls qui met en œuvre peu ou prou sa réforme. Édouard Balladur nous livre, en exclusivité, sa vision pour l’avenir de l’agglomération parisienne.

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En 2009, vous avez présidé le comité sur la réforme des collectivités territoriales, à la demande du Président Sarkozy. Votre rapport – très commenté à l’époque – préconisait de créer un Grand Paris. Comment est née cette idée ?

J’ai toujours pensé qu’une erreur avait été commise avec la suppression du département de la Seine en 1964, et son émiettement en quatre départements aux activités et aux richesses très différentes. On s’est bien vite aperçu qu’une coordination entre ces quatre entités était nécessaire. Des organismes comme le Stif [Syndicat des transports d’Île-de- France] et d’autres du même ordre ont alors été inventés. La vie s’est développée dans ces nouvelles structures. Nous voilà donc avec des départements, dont on nous explique, pour certains, qu’ils sont très riches. Ils le sont, certes, mais grâce, pour les Hauts-de-Seine, à La Défense à laquelle l’État a consacré des sommes énormes depuis un demi-siècle. Avec ce morcellement, Paris est devenue la plus petite capitale du monde évolué, emprisonnée par le périphérique. On a tout découpé en morceaux qu’on a ensuite dû recoller les uns aux autres et on s’aperçoit aujourd’hui que ça n’est pas suffisant, et qu’il existe entre Paris et les collectivités qui l’entourent une unité géographique et humaine de 6 ou 7 millions d’habitants sur les 11 que compte l’Île-de-France.

Pourquoi réserver un statut spécifique à Paris ?

L’idée maîtresse de notre rapport était de se garder d’une tentation permanente, celle du jardin à la française. Autrement dit : appliquer le même schéma à Paris, Bordeaux ou Dunkerque… L’idée –que l’actuel gouvernement semble aujourd’hui reprendre sans trop oser le dire – était d’organiser une diversification des statuts selon les situations des collectivités territoriales. Désormais, 80 % de la population française vit dans des zones urbaines et péri-urbaines où l’habitat est concentré. Donc, le département créé en 1793 n’a plus le même sens partout. Qu’il y ait besoin d’une…

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