Remarquée fin 2007 pour son travail sur la grande hauteur à Paris, Anne Démians a récemment remporté le concours de la restructuration de l’École supérieure de physique et de chimie industrielles de la ville (ESPCI) de Paris à l’issue d’une compétition internationale où concouraient notamment Rem Koolhaas et Renzo Piano. Cette architecte cherche à rendre la ville réversible, militant pour que les bureaux puissent se transformer en logements et vice-versa. Elle rêve aussi d’un Grand Paris organisé de façon radioconcentrique.

Rien n’est laissé au hasard. À peine arrivée, Anne Démians pose un dossier sur la table de son bureau. Des notes, des articles, des croquis, pour illustrer sa pensée, et ne rien oublier du message qu’elle souhaite faire passer. « Le Grand Paris est un sujet important », souligne-t-elle, comme pour justifier d’avoir bien préparé notre entretien. Ses idées pour faire de la métropole parisienne un modèle de développement ne manquent pas. « En préalable à la question du Grand Paris, je place la notion de la ville mutable. Je considère qu’il faut mieux construire et moins construire. »

La mutabilité est un thème qui revient souvent dans la bouche de l’architecte. Elle est dépositaire, avec Icade, du label IDI (immeuble à destination indéterminée) à l’origine de son projet strasbourgeois Black Swann : sur la presqu’île Malraux, Anne Démians – native de Colmar – a ainsi conçu trois immeubles de 50 m de haut qui intègrent la possibilité de changer de destination. Pour y parvenir, cette visionnaire a « mis à mal la trame », c’est-à-dire le quadrillage qui établit les distances entre les poteaux ou les murs porteurs, le plancher et le plafond et qui est normalement différent selon qu’il s’agit d’immeubles de bureaux ou de logements. La trame unique imaginée par Anne Démians permet d’assurer la réversibilité des surfaces.

 

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