Valérie Pécresse : « « La Métropole est une création politicienne » »

Le nouveau visage de l’Île-de-France, c’est elle. Élue en décembre à la tête du conseil régional, Valérie Pécresse (LR) n’a pas du tout l’intention de partager son pouvoir avec son « ami » Patrick Ollier (LR) qui préside la Métropole du Grand Paris depuis janvier. La MGP est « dépassée avant d’être créée », fustige-t-elle, réclamant la suppression pure et simple – à son profit – de ce qu’elle appelle le « Grand Paris rétréci ».
Décidément en appétit, elle plaide aussi pour une absorption des départements franciliens par la « Région stratège ». L’ex-ministre évoque également le déménagement annoncé du siège du conseil régional en banlieue est. Et détaille ses priorités, à commencer par la sécurité ou son plan transport, comprenant l’achat de 700 rames de RER et de Transiliens.

Vous estimez que « le Grand Paris, c’est l’Île-de-France ». Niez-vous ce qu’on appelle le « fait métropolitain » ? C’est pourtant ainsi que raisonnent la plupart des grandes villes mondiales, le Grand Londres, le Grand Berlin, le Grand Moscou…

Je crois qu’aujourd’hui la bonne échelle pour ce fait métropolitain, c’est l’Île-de-France. Le Greater London ou les grandes métropoles asiatiques englobent entre 8 et 15 millions d’habitants. Si nous prenions l’Île-de-France dans son ensemble, c’est-à-dire 12 millions d’habitants, nous serions dans les premiers rangs de tous les classements internationaux. En revanche, avec une Métropole, ce que j’appelle le « Grand Paris rétréci », nous sommes à 7 millions d’habitants et nous nous retrouvons en bas de ces mêmes classements : nombre de chercheurs, nombre de brevets déposés, richesse, etc. Or on ne crée pas une métropole pour se retrouver à la dernière place, on crée une métropole pour être leader !

Une métropole n’est-ce pas une agglomération, une aire urbaine ?

L’idée d’une métropole à l’échelle de l’aire urbaine francilienne – qui s’arrêterait à Chevreuse, à Marne-la-Vallée, à Melun-Sénart et à Cergy-Pontoise – aurait pu être défendue. Mais ce n’est pas le choix qui a été fait. Nous avons plaqué ce que Gérard Collomb avait fait à Lyon sur la réalité de l’Île-de-France. Sauf que Gérard Collomb l’a fait sur une échelle beaucoup plus petite, sur un seul département. Vous ne pouvez pas laisser pour compte la moitié de la Seine-et-Marne et un tiers du Val-d’Oise, de l’Essonne et des Yvelines !
Que vont-ils devenir ? Ce sont des territoires ruraux déjà complétement délaissés, sur lesquels le vote extrême culmine entre 30 et 40 %. J’ajoute que la pression foncière est telle en Île-de-France que l’urbanisation va s’étendre dans ces zones. Vous verrez donc se développer un certain nombre de villes. Par conséquent, figer une définition de la métropole sur une frontière artificielle, ça ne marchera pas. Il existe une frontière connue, historique : celle du passe Navigo, des réseaux de transport, de la vie administrative. L’Île-de-France, c’est le Grand Paris. C’est logique ! La MGP est dépassée avant d’être créée. La preuve : elle a déjà suscité des anticorps très puissants. D’abord, le mariage des Hauts-de-Seine et des Yvelines qui montre bien que tracer une frontière entre Clamart et Vélizy ou entre La Celle-Saint-Cloud et Rueil-Malmaison est absurde. Deuxième anticorps : la volonté de la maire de Paris de fusionner le département et la ville. C’est une façon de se protéger contre la Métropole en ré-internalisant toutes les recettes au sein de la capitale.

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