« NI UNE VILLE-MUSÉE, NI UN GHETTO DE RICHES »

Propos recueillis par Bertrand Gréco et Gaspard Dhellemmes

L’adjoint communiste à la maire de Paris en charge du logement, de l’habitat durable et de l’hébergement d’urgence ne laisse pas indifférent. Ses adversaires politiques le considèrent comme un provocateur, car il construit des logements sociaux dans les quartiers chics. Petit sourire en coin, costume ajusté, il nous reçoit dans son bureau de l’Hôtel de ville dominant la rue de Rivoli, sous l’œil de Georges Marchais, dont il a affiché une photo grand format datant de 1977 : l’ancien premier secrétaire du PCF y est allongé sur une plage en maillot de bain, lisant « Les Aventures de Zorro ». Plus sérieusement, Ian Brossat n’ignore pas que le Grand Paris, métropole la plus dense d’Europe, est une zone tendue qui peine à offrir un toit à tous ses habitants. Régulation d’Airbnb, HLM, encadrement des loyers, inflation des prix de l’immobilier… Le maire-adjoint nous présente quelques-unes de ses solutions sur ce sujet clé pour l’avenir de l’agglomération.

 

Vous êtes maire-adjoint en charge du logement dans une ville, Paris, qui ne dispose quasiment plus de terrains constructibles, qui n’est pas assez grande pour ac-cueillir tous ceux qui voudraient y vivre, et où les prix exorbitants de l’immobilier chassent les classes moyennes. La solution à la crise du logement dans la capitale n’est-elle pas… le Grand Paris ?

Ian Brossat Si l’on veut régler le problème du logement, il est évident qu’il faut le prendre à bras-le-corps à l’échelle de la métropole. Paris compte 120.000 demandeurs de logements sociaux parisiens et 80.000 qui habitent la banlieue ; il est certain que nous n’arriverons pas à satisfaire ces 80.000 demandeurs. Une dynamique de production de logements doit émerger au niveau du Grand Paris. Paris ne peut pas se débarrasser du problème en demandant aux autres de faire ce qu’elle n’entreprend pas elle-même. Le meilleur service que la capitale puisse rendre à la métropole est de montrer la voie, en mettant le paquet sur le logement. Il ne faudrait pas que Paris renoue avec ses anciennes habitudes consistant à dire que c’est à la banlieue de prendre en charge les plus modestes. La Ville doit prendre sa part à la construction de logements sociaux à destination des classes moyennes et des familles modestes. Et c’est ce que nous faisons de manière intensive depuis 2001. En dix-sept ans, Paris est passée de 13 % à 21 % de logements sociaux.

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Droit photo : © Bernard Bisson

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