Le gratte-ciel le plus célèbre – et le plus décrié de Paris – va faire peau neuve. Le projet spectaculaire de la nouvelle AOM a emporté le concours international d’architecture. Mais au-delà de la tour, c’est l’ensemble du quartier qui doit être réaménagé, ainsi que la gare, la petite tour CIT voisine, les commerces, etc.

C’est une plaisanterie bien connue des Parisiens. Le plus beau panorama de la capitale se trouverait au sommet de la tour Montparnasse… car c’est le seul endroit de la capitale où on ne l’aperçoit pas !Ce gratte-ciel parisien si décrié, proéminence isolée en surplomb de la nappe haussmannienne, va entamer une grande rénovation et changer radicalement de visage à l’horizon 2023, en vue des JO de 2024. L’annonce faite par la mai-rie de Paris et les copropriétaires fin septembre a eu un grand écho médiatique. D’autant que cette ré-habilitation spectaculaire se chiffre à 300 millions d’euros, financés intégralement par des fonds privés.

La tour Maine Montparnasse, de son vrai nom, a été conçue dès les années 1960 par les architectes Sau-bot, Beaudoin, Hoÿm de Marien et Cassan, regroupés en Agence pour l’opération Maine-Montparnasse (AOM). Après les heures glorieuses du Montparnasse artistique, passées depuis longtemps, il fallait trouver un nouveau souffle au quartier et agrandir la gare, trop petite, obsolète. La course à la hauteur initiée par les métropoles américaines gagne alors le reste de la planète ; Paris doit aussi en être. La toute nouvelle construction sera le symbole d’une France gaulliste, prospère, tournée vers l’avenir. Le building de plus de 200 mètres de haut est alors censé être la pièce maîtresse d’un nouveau quartier d’affaires de la rive gauche. Une autoroute, la radiale Vercingétorix, doit arriver à ses pieds, mais le projet est abandonné. La tour est érigée en quatre ans et inaugurée en 1973. Seulement, le résultat est loin de faire l’unanimité. Jugée trop noire, trop seule, trop haute, on découvrira plus tard qu’elle est de surcroît amiantée.

L’incompréhension fait très vite place au désamour, et le gratte-ciel fâchera pour longtemps les Pari-siens avec l’urbanisme de hauteur. Si beaucoup réclament sa destruction, le projet est coûteux et difficilement réalisable. Les autorités n’ont en vérité jamais trop su que faire de cet encombrant héritage pompidolien, le statu quo va demeurer pendant près de cinquante ans et l’édifice susciter sarcasmes ou indifférence polie. En 2016, un concours international d’architecture, « Demain Montparnasse », est lancé dans l’optique de transformer la tour. Ce sont les 73 copropriétaires – dont les principaux : la mutuelle MGEN, la Financière patrimoniale d’investissement, les assureurs Covea et Axa – qui financeront le projet à 100 %.
 

Louis Delafon

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