« LE GRAND PARIS SERA RÉELLEMENT EN PLACE EN 2050 »

Il est l’architecte d’un des bâtiments les plus célèbres – et controversés – de la capitale : la Bibliothèque nationale de France (BNF), érigée à la demande de François Mitterrand il y a 20 ans. Après ce fait d’armes, Dominique Perrault a conçu des bâtiments aux quatre coins de la planète : Berlin, Luxembourg, Madrid, Vienne, Séoul, Osaka… Ce professeur à l’École polytechnique fédérale de Lausanne n’oublie pas pour autant Paris : il livrera en avril 2018 le nouvel hippodrome de Longchamp et début 2019 la fameuse poste du Louvre réhabilitée. Membre de l’Académie des beaux-arts (section architecture) depuis 2015 et du conseil scientifique de l’Atelier international du Grand Paris (AIGP), Dominique Perrault s’emploie aussi depuis plusieurs années à construire la métropole de demain. Gare de Villejuif du Grand Paris Express, concours Inventons la métropole à La Courneuve, village olympique à Saint-Denis, spectaculaire projet de transformation de l’île de la Cité… Il nous présente quelques-uns de ses grands chantiers et sa vision du Grand Paris.

Propos recueillis par Bertrand Gréco et Gaspard Dhellemmes

 Le Grand Paris est un concept un peu fourre-tout. «Quelle en est votre définition, tel que vous le voyez et tel qu’il devrait être ?»

Dominique Perrault :  C’est une vaste question… Le terme Grand Paris a du sens pour moi. Mais s’attache-t-il à un territoire géographique, démographique ou historique ? Les lectures divergent. En tout cas, sans entrer dans les questions politiques – ce n’est pas mon sujet –, on peut dire que c’est déjà une réussite. Car le Grand Paris existe bel et bien dans l’esprit de chacun. Ce n’était pas le cas à la fin du XXe siècle. En termes d’image, de visibilité, de compréhension, le Paris historique va désormais bien au-delà de sa ceinture et englobe un territoire qui déborde jusqu’à la Région, et même plus loin, jusqu’à l’ensemble du bassin parisien. Du point de vue de la sociologie, l’Insee estime que l’on est métropolitain s’il existe une dépendance entre son lieu de travail et son lieu d’habitat, ce qui définit une aire métropolitaine d’environ 60 kilo-mètres de diamètre autour de la tour Eiffel. En termes de percep-tion, cette métamorphose a pour avantage d’évacuer la notion de banlieue. Ce qui est un pas important dans l’organisation des territoires. L’histoire va opérer son travail de décantation au fur et à mesure du XXIe siècle. J’imagine que le Grand Paris sera réellement en place en 2050. Il y aura eu d’ici là le Grand Paris Express, les Jeux olympiques, de grands équipements, de nouveaux réseaux de distribution…

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