Annoncé par le Premier ministre, le projet de nouvelle gouvernance du quartier d’affaires prend forme. L’État sera très minoritaire au sein du futur établissement public local (EPL), qui doit réunir les deux structures actuelles : l’Epadesa (1), en charge de l’aménagement de La Défense, et Defacto, en charge de sa gestion. Le premier rôle sera alors laissé aux collectivités. Un changement radical qui signe la fin d’une époque et soulève plusieurs questions. Celle, notamment, du recours à l’ordonnance plutôt qu’à la loi, une décision du gouvernement contestée.

« Il faut que les communes prennent les rênes »
POUR. Jacques Kossowski – Député-maire LR de Courbevoie (92)

Pourquoi soutenez-vous le projet de nouvelle gouvernance que le gouvernement souhaite mettre en place ?
Faute de moyens, l’État ne peut plus tout assumer ; notamment, il ne peut plus entretenir le patrimoine. D’ailleurs, depuis la création de l’Epadesa [en 2010, en lieu et place de l’Epad], les choses ont changées : autrefois, c’était une sorte d’agence immobilière qui vendait du foncier et tout était à construire. Aujourd’hui, ses actions s’apparentent plus à de la restructuration. En l’absence de rentrées suffisantes, les opérations ont du mal à s’équilibrer, il faut donc trouver d’autres sources de financement. L’État n’a d’ailleurs jamais cessé de prélever sur la cassette de l’Epadesa. Il faut passer la main aux premières instances concernées, les communes, et revoir la gouvernance et la gestion. Les collectivités sauront faire les investissements nécessaires.

« S’il n’y a rien à cacher, il faut pouvoir en débattre ! »
CONTRE. Alexis Bachelay – Député PS des Hauts-de-Seine

Que pensez-vous du projet de fusion entre les deux établissements publics, l’Epadesa et Defacto, et de la nouvelle gouvernance que le gouvernement souhaite mettre en place ?
C’est une nouvelle étape dans une histoire déjà longue, avec de multiples interventions de l’État, dans un secteur très sensible. Cette fusion est un tournant historique, puisque l’État renonce à être à la fois le gestionnaire et l’aménageur. Depuis 1958, date de la création de La Défense, il a peu à peu étendu son périmètre d’intervention, jusqu’à aller bien au-delà du quartier historique de la dalle. C’est d’ailleurs à partir des années 1980 que les communes ont commencé à revendiquer la reprise en main de l’urbanisme sur leur territoire. Si je n’ai pas d’opposition farouche au projet de fusion, c’est la méthode employée qui me gêne.

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