Paradis pour la biodiversité, lieu branché ou alternative ferroviaire, les avis divergent sur le sort à réserver à la rocade ferrée qui encercle Paris. Une seule certitude : cette enceinte ferroviaire de 32 km, longtemps laissée en friche, est à l’aube de sa renaissance.

Julien Descalles

Depuis quelques jours, le piéton grand-parisien s’est trouvé un nouveau terrain à (re)découvrir : entre la porte de Charenton et l’avenue de Saint-Mandé (12e), un tronçon de la petite ceinture (PC) s’est transformé en promenade plantée. De quoi sortir la rocade ferrée de son long sommeil ? À la SNCF, on la surnomme la « Belle au bois dormant » depuis que le fret a déserté l’infrastructure en 1993, à l’instar du transport de personnes en 1934. Créée durant le Second Empire pour relier les bastions des « fortifs », l’enceinte ferroviaire longue de 32 km, dont certaines tranches servent encore à la circulation des trains entre les gares de l’Est et du Nord ou du RER C entre La Muette et la porte de Clichy, connaît depuis plus d’une décennie une deuxième vie, entre reconversion en lieux branchés et en espaces verts.

Les anciennes gares d’abord. Dans le nord de la capitale, bar-restaurant et lieux culturels ont ainsi commencé à prendre leurs quartiers. Tour à tour, cinéma, ma-gasin d’électroménager et bazar, la gare de Saint-Ouen, sur l’avenue du même nom (18e), s’est muée fin 2015 en Hasard Ludique, suivant de quelques mois l’exemple de la Recyclerie, installée boulevard d’Ornano (18e), non loin de là. La gare du Pont-de-Flandres (19e), elle, s’est métamorphosée en club de jazz. Au sud, serpentant entre talus, ballasts et autres ponts, des sentiers ont été aménagés de la porte d’Auteuil à La Muette (16e, 1,2 km), du parc Georges-Brassens à la place Balard (15e, 1,3 km), autour à la gare de Rungis (13e, 0,5 km) et donc désormais dans le 12e. Des jardins partagés, eux, ont émergé dans les 14e et 18e arrondissements.

Aménagements réversibles

Et cette reconquête de la PC, devenue par ailleurs havre de biodiversité (lire l’interview de Nathalie Machon page 44), doit en-core s’accélérer, en particulier sur quelque 18,5 km de voies désaffectées courant du pont de Garigliano aux Batignolles, à l’est…

Droits photo : ©Jean-Baptiste Gurliat/Mairie de Paris
Retrouvez la suite de l’article dans le dernier numéro du Magazine Grand Paris, disponible en kiosque ou par abonnement

image_pdf