FUTURE VALLÉE AGROÉCOLOGIQUE DU GRAND PARIS ?

Et si, à l’aube des Jeux olympiques de 2024, venaient se greffer, le long de l’autoroute A1, entre la porte de la Chapelle et l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, des cultures maraîchères à l’air libre ou en serre, des exploitations de céréales, des vergers, des fermes d’élevage, ou encore des murs et toitures végétalisés dédiés à l’agriculture urbaine.? Tel est le téméraire projet imaginé par le premier groupe coopératif agricole français, InVivo. D’abord sollicités par l’association patronale Paris Île-de-France Capitale économique pour revaloriser les abords de l’axe autoroutier – souvent premier endroit découvert par les passagers de Roissy – ses concepteurs se sont montrés plus ambitieux.

« Il y a assurément un enjeu de visibilité internationale, mais nous ne souhaitions pas nous arrêter à une proposition seulement esthétique. L’idée est bien d’en faire une vitrine des savoir-faire de l’agriculture française, mais aussi des bonnes pratiques agroécologiques tout en maintenant la viabilité des exploitations », témoigne Noëllie Hestin, manager filières durables d’Agrosolutions, bureau d’expertise-conseil du groupe InVivo… qui a donc d’abord testé le potentiel nourricier de cette vallée agro-écologique : « La bonne nouvelle, c’est que tout type d’agriculture, rurale comme urbaine, y est envisageable. La qualité agronomique des terres agricoles du Triangle de Gonesse – près de 400 hectares protégés – permet d’imaginer l’implantation de tout type de culture, y compris viticole. Et en exploitant ne serait-ce que 5 % des toits disponibles, 10.000 mètres carrés d’agriculture de ville – potagers, serres, ruches, etc. – pourraient voir le jour. » De quoi favoriser la reconversion d’une partie des monocultures dans une région où seuls 5 000 hectares – sur un total de 570 000 hectares de surface agricole – sont consacrés aux fruits et legumes, quand blé et colza en occupent près de 56 %. « En accompagnant une partie des agriculteurs dans la diversification de leurs activités, notre volonté est de contribuer à la mise en place de circuits courts pour alimenter Paris et sa métropole. Pourquoi ne pas imaginer aussi à terme la création de nouvelles appellations locales.?.», loue encore l’agronome. Une production vouée, pour commencer, à fournir les restaurateurs et boutiques de l’aéroport ou encore les cantines des entreprises environnantes, à l’instar d’Ikea, SFR ou encore Vente-Privée.

Droit photo : Autoroute A1 © wikimediacommons

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