Si la métropole dispose d’une offre culturelle abondante et dynamique, les forces de ses acteurs sont souvent trop éparpillées. Tous constatent la nécessité de fédérer davantage les talents et les efforts, et plaident pour une plus grande décentralisation. En facilitant l’accès à des sites aujourd’hui enclavés, le Grand Paris Express rebattra immanquablement les cartes du paysage culturel métropolitain. Notre enquête.

Julien Descalles

Plus de 1.000 bibliothèques, 300 cinémas, 350 théâtres, 1.000 galeries d’art, 140 mu- sées, 4.000 monuments historiques, 360 festivals, près de 500.000 emplois… L’offre culturelle du Grand Paris – à peu près équivalente à celle d’autres métropoles mondiales comme New York, Londres ou Berlin a également le mérite de ne pas se cantonner à Paris intra-muros. « D’évidence, l’existence culturelle de la métropole est bien antérieure au projet de réorganisation territoriale. Elle s’est notamment appuyée sur les équipements de la “ceinture rouge”. Les habitants de banlieue sont familiers de la richesse de la capitale ; et nombre de Parisiens ont pris l’habitude de fréquenter les scènes de banlieue depuis le début de la décentralisation théâtrale – Aubervilliers, Nanterre, Sceaux, Saint-Denis… », illustre Philippe Laurent, maire UDI de Sceaux et vice-président de la Fédération nationale des collectivités territoriales pour la culture. Même temps d’avance chez les artistes, qui se sont depuis longtemps affranchis du carcan du périphérique, du street art à Saint-Denis (93) ou Vitry-sur-Seine (94) au cirque Zingaro à Bobigny (93) ou l’Académie Fratellini à La Plaine Saint-Denis (93), en passant par le 6B, la halle Papin ou Mains d’Œuvres (93). « Les créateurs sont attirés par un foncier bon marché, des espaces bien plus vastes, un environnement multiculturel propice à la création, perçu comme celui de tous les possibles. Ils jouissent aussi du soutien des politiques locaux, qui voient d’un bon œil leur arrivée dans leurs territoires. Même si ces installations sont encore trop limitées aux proches abords de la capitale », explicite Laurent Chalard, géographe à l’Ecia (European Centre for International Affairs).

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