Auteur du livre-enquête Comment la France a tué ses villes (éditions Rue de l’Échiquier), le journaliste Olivier Razemon tire la sonnette d’alarme sur la dévitalisation que subissent les centres-villes et les quartiers anciens, victimes notamment de l’offensive de la grande distribution à leur périphérie. Tout en proposant une série de recommandations pour venir à la rescousse des petits commerces de proximité. Entretien.
Propos recueillis par Julien Descalles

Pourquoi faut-il préserver le modèle des commerces de proximité des centres-villes, et pas les zones commerciales de périphérie?
OLIVIER RAZEMON :
D’abord, parce que les centres-villes ou les quartiers anciens sont un bien meilleur écosystème pour créer du lien et faire société. Ce qui fait leur force, c’est leur mixité, la possibilité de faire côtoyer toutes les fonctions nécessaires à l’urbanité et tous les métiers : plus une zone dispose d’opportunités sur son territoire – commerces, équipements culturels, services municipaux ou sociaux, transports en commun… –, plus vous multipliez les flux et les occasions de se rencontrer, de se croiser et de vivre ensemble. À l’inverse, les zones commerciales privatisent l’espace, le résument à la seule activité économique. Elles sont uniquement vouées aux commerces et loisirs, ne sont ouvertes qu’à certaines heures, fermées à certaines catégories de population, peu accessibles sans voiture. L’urbanisme commercial favorise en outre l’étalement urbain. Depuis les années 1950-1960, il est indissociable du développement de la motorisation des foyers. À Paris, 80 % des courses se font à pied : les gains sont évidents en matière de lutte contre la pollution de l’air, de préservation des terres et même de santé publique ; c’est un remède à l’épidémie de sédentarité.

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