Plusieurs habitants et commerçants de Champigny-sur-Marne (94) doivent plier bagage pour permettre la construction de la ligne 15 Sud du futur métro automatique. Ils sont désemparés. Reportage.

Les premiers pavillons acquis par la Société du Grand Paris (SGP) ont déjà été murés. Les arbres des contre-allées abattus, la voirie pilonnée, les grilles et les engins de chantier installés. Depuis mai dernier, le long de l’avenue Roger-Salengro à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne), la ligne 15 Sud du Grand Paris Express a pris possession des lieux, donnant le coup d’envoi des travaux de dévoiement des réseaux. Le premier tronçon de la future rocade de petite couronne, depuis longtemps annoncée, est désormais sur de bons rails. Une bonne nouvelle ? Pas pour certains Campinois. Surtout ceux concernés par les acquisitions de parcelles nécessaires à la construction du réseau : ils n’ont eu vent de la nouvelle de leur expropriation que… cinq mois auparavant, début janvier 2015 !

« On savait tous que le métro du Grand Paris allait arriver, on se faisait une joie d’en profiter et puis, d’un coup, on apprend qu’on est sur le tracé… », se désole Éric Zeitoun, toujours sonné par l’annonce. Cela fait quinze ans qu’Abysse, son magasin d’aquariophilie spécialisé dans les cichlidés, ces poissons des lacs africains, attirent les passionnés franciliens. L’aventure est désormais finie pour lui. « Alors, oui, le “super métro” va se faire, mais on ne sera plus là pour le voir et en bénéficier. » La frustration est encore plus forte dans la boucherie proche, devenue subitement royaume d’Ubu en décembre 2014. « Le 22 décembre, je signe mon bail commercial chez le notaire. Le 24, avant même d’ouvrir boutique, je reçois un courrier annonçant que je suis peut-être concerné par l’expropriation. Fin janvier, lors de la réunion publique de la SGP, je vois le local apparaître en jaune sur l’écran : c’était officiel, à peine installé, il me fallait partir ! », fulmine encore Abderrahmane Fekrane. Le commerçant voit son projet de reconversion professionnelle sérieusement menacé : « Je sortais de trois mois de stage pour apprendre le métier. Après avoir tenu pendant dix-neuf ans une brasserie en centre-ville, j’aspirais juste à tenir un commerce aux horaires plus réguliers pour rester en famille. »

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