Patrick_Braouezec_February_4_2011

Le « 9-3 », qui accueillera notamment le futur village olympique, jouera un rôle majeur lors des JO de 2024. Patrick Braouezec, président de l’Etablissement Public Territorial Plaine Commune, explique comment ce territoire entend s’appuyer sur les jeux pour se transformer.

En quoi les Jeux olympiques sont-ils une réelle opportunité de développement économique et urbain pour votre territoire ?

L’un des projets phares sera le futur Village olympique, qui constituera un nouveau quartier de vie important sur le territoire. Nous nous sommes battus pour qu’il ne s’agisse pas seulement de logements, mais d’un réel lieu de vie. Il n’était pas question de reproduire quelque chose à cheval entre la cité des 3 000 ou la cité des 4 000. On y retrouvera donc à la fois des logements, mais aussi des lieux pouvant accueillir des espaces de coworking, des fablabs, des ateliers d’artistes, des TPE, des équipements publics…  Aussi, les chantiers devront bénéficier aux entreprises locales et permettre l’embauche de demandeurs d’emploi pendant la phase de réalisation, mais aussi lors de l’exploitation de ces équipements.

Comment comptez-vous favoriser le recours aux PME et TPE locales et ainsi créer de l’emploi ?

Il faut identifier les métiers nécessaires lors de la phase de chantier. Ensuite, nous mènerons un travail avec la Région pour proposer des formations qui permettront de postuler à ces différents emplois. Nous devons également réfléchir aux moyens à mettre en œuvre pour que les entreprises locales soient en capacité de répondre aux appels d’offres. Dans certains cas, il faudra, par exemple, favoriser le regroupement d’entreprises afin de leur offrir une chance d’accéder à ces marchés.

Lors de l’Euro 2016, les retombés sur le territoire avaient été jugées en dessous des espérances, quelles leçons en tirez-vous ?

Je partage ce constat, mais le contexte est différent. L’Euro 2016 s’est déroulé autour d’équipements déjà existants. Qui plus est, dans un contexte particulier : les questions de sécurité ont été au cœur de cette manifestation. Il n’y a pas eu de constructions et peu d’aménagements nécessaires, donc nous ne sommes pas sur le même registre. Si nous devons comparer, il faut regarder la Coupe du  monde de 1998, qui a entraîné la construction du Stade de France ou la couverture de l’autoroute notamment. Ce n’est pas l’événement en soi qui créera ces dynamiques d’emplois et de développement urbain, mais ce qui sera fait avant et après.

La Coupe du monde de 1998 a, certes, créé une dynamique de rénovation urbaine, mais n’a-t-elle pas eu beaucoup moins d’effets sur l’emploi des habitants ?

Je ne suis pas d’accord. Il y a eu 1000 personnes recrutées pendant la période de travaux et plusieurs centaines d’autres ont trouvé du travail par la suite, soit en lien avec les équipements construits, soit grâce à l’arrivée de nouvelles entreprises. En 2005, nous avons créé la Charte

Entreprise-Territoire qui a permis depuis l’emploi de près de

7 000 habitants par les entreprises signataires. Avec les JO, nous devons de la même façon veiller à ce que les entreprises qui s’installeront sur le territoire soient de véritables partenaires sur la question de l’emploi.

Parmi les ambitions, est-il prévu de renforcer les infrastructures sportives insuffisantes sur le territoire ?

Un certain nombre d’équipements vont être rénovés et d’autres seront construits. Un centre aquatique va voir le jour en face du Stade de France, deux autres piscines seront construites au Fort d’Aubervilliers et à pont de Bondy, le gymnase de l’île des Vannes sera rénové… Il faudra également faire en sorte que ces sept années qui précédent les JO soient propices au développement sportif au niveau associatif et scolaire. L’enjeu sera aussi de lier sport et culture, en créant lors de JO des manifestations culturelles qui créent du lien et permettent à tous de participer.

N’y a-t-il pas un risque de cassure, entre les territoires qui bénéficieront directement des JO et les autres plus enclavés ?

C’est effectivement l’une de nos responsabilités de faire en sorte que l’ensemble des territoires en tire des bénéfices. Que chacun soit associé au déroulement des JO, mais aussi en amont de la manifestation. Lorsque l’on parle d’emplois, nous ne pensons pas uniquement au territoire de Plaine Commune. C’est d’ailleurs ce que nous avons commencé à réaliser avec la Convention de coopération, signée entre la Ville de Paris et les quatre territoires de la Seine-Saint-Denis afin de partager l’ensemble de cette dynamique liée aux Jeux olympiques.

En 2024, le « 9-3 » en majesté

JO-Seine

En décrochant l’organisation des JO-2024, la capitale offre à sa banlieue de Seine-Saint-Denis l’opportunité d’une grande mutation. Les prochaines olympiades se joueront en effet largement dans la banlieue nord de Paris. La Seine-Saint-Denis accueillera six sites de compétition (athlétisme, natation, water-polo, tir, badminton, volley), les cérémonies d’ouverture et de clôture au Stade de France. Plusieurs équipements majeurs : village olympique, village des médias, piscine olympique naîtront également dans le département. La reconversion annoncée des futurs villages olympique (à cheval sur les communes de Saint-Denis, l’Île-Saint-Denis et Saint-Ouen) et des médias (à Dugny, près du Bourget) en « éco-quartiers » devrait au total créer 3.700 à 5.000 nouveaux logements.

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