Face aux mauvais classements des établissements d’enseignement supérieur et de recherche français dans les palmarès internationaux, la risposte s’organise dans un Grand Paris en pleine construction. Nouvelles pédagogies, mutualisation des ressources, décloisonnement disciplinaire, réorganisation des campus… Les universités et grandes écoles de la métropole, qui représent 40% des institutions françaises, explorent de nouvelles façons de se développer et d’optimiser leur potentiel pour soigner leur réputation et être plus attractives.

Julien Descalles

« Résultats insuffisants. Poursuivez vos efforts. » Telle pourrait être l’évaluation globale de l’enseignement supérieur grand-parisien passé au crible des classements internationaux. Trois établissements franciliens se hissent dans le top 100 général de Shanghai (1) : Sorbonne Université (36e), Université Paris-Sud (42e) et l’École normale supérieure (64e). Quatre autres figurent dans les 200 premiers du Times Higher Education : Paris Sciences et Lettres (PSL, 72e), Polytechnique (115e), les universités Pierre-et-Marie Curie (123e) et Paris-Sud (181e). « La France continue de sous-performer », aux yeux du rédacteur en chef du palmarès britannique THE, Phil Baty.

Montée en puissance des universités asiatiques ; poids des historical datas – nombre de prix Nobel ou de médailles Fields parmi les anciens d’un établissement – privilégiant les campus anglo-saxons ; déficit de publications en anglais ; manque d’autonomie et de moyens financiers… Si les explications à ces résultats mitigés sont nombreuses, pas question cependant de trop noircir le tableau. Phil Baty le rappelle : « La France a des atouts, et tout particulièrement sa grande tradition universitaire et sa recherche », dont 40% est concentrée en Île-de-France.

Explorer d’autres pédagogies

Surtout, les premières leçons de ces relevés de notes décevants semblent en passe d’être tirées. « Les classements ne sont pas à négliger. Tout simplement parce que beaucoup d’étudiants, de parents, d’enseignants-chercheurs les regardent de près pour choisir leur destination. Depuis Erasmus notamment, ils n’hésitent plus à se déplacer et à se mettre en quête d’autres pédagogies », souligne pour sa part Jean-Marc Bonnisseau, président de l’Établissement public Campus Condorcet (2), à Aubervilliers (93). Soucieux de relever le gant de la concurrence internationale, l’enseignement supérieur francilien espère avoir trouvé la parade grâce aux regroupements d’universités et d’écoles. Une manière de corriger une trop grande fragmentation, l’Île-de-France comptant à elle seule 17 universités et plus d’une centaine d’écoles…

Droits photo : Bibliothèque universitaire de Mines ParisTech (Paris Sciences & Lettres), Boulevard Saint-Michel (Paris 6e) – © PSL
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