Près d’une demi-douzaine de fondations d’entreprises ou de milliardaires ont ouvert dans le Grand Paris en cinq ans, et autant sont annoncées dans les cinq ans qui viennent. Aubaine culturelle, saine émulation ou concurrence néfaste pour les musées ? Les spécialistes répondent.

Marianne Belly

Il y a dix ans, le paysage culturel parisien était simple, limpide pour l’amateur d’art. D’un côté, des musées publics bien identifiés, dont quelques locomotives comme le Louvre, Orsay, Pompidou ou le plus récent Quai-Branly inauguré en 2006, audacieusement perché sur pilotis par le « starchitecte » Jean Nouvel. De l’autre, quelques rares fondations privées, comme la très originale Maison Rouge à Bastille, héraut de l’art brut, ou la fondation plus branchée de la marque de joaillerie Cartier. Cette dernière a été créée à Jouy-en-Josas dans les Yvelines dès 1984 avant d’intégrer en 1994 un grand cube tout vitré bordant le boulevard Raspail (Paris 14e), conçu par le même Jean Nouvel.

Des architectures d’exception

Mais depuis lors, les fondations privées se sont mises à foisonner, marquant souvent les esprits, siégeant dans des édifices architecturaux spectaculaires. Au premier rang de ces établissements culturels créés par des entreprises : la fondation Louis-Vuitton (LVMH), inaugurée en 2014 dans le bois de Boulogne (16e). Sa silhouette aux voiles gonflées et vitrées imaginée par l’Américain Frank Gehry est devenue une icône parisienne, prise en photo comme la pyramide du Louvre par les touristes, et répercutées numériquement sur les réseaux sociaux aux quatre coins de la planète.

À cet emblème architectural et artistique se sont ajoutées d’autres fondations : le centre d’art contemporain (très pointu) Lafayette Anticipations a ouvert en 2018 dans le Marais (4e). Il loge, dans un immeuble d’anciens bureaux et entrepôts, une machinerie sobre aux planchers modulables et au toit en forme de grande case transparente ouverte sur le ciel par l’architecte et théoricien néerlandais Rem Koolhaas. La fondation Jérôme Seydoux-Pathé (exposition sur le cinéma et diffusion de vieux films) accueille des visiteurs depuis 2014 dans un ancien théâtre aux Gobelins (13e), dont la partie sur cour a pris la forme d’une carapace de tatou, une œuvre étonnante de Renzo Piano. Le centre Henri-Cartier-Bresson vient tout juste de déménager du 14e au quartier plus central du Temple (3e), dans un bâtiment plus vaste, très moderne et épuré se mariant à merveille à la cour très classique où il s’épanouit.

Droits illustration : © Baumschlager Eberle Architectes/ RCR arquitectes
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