L’importance de l’agriculture est souvent méconnue en Île- de-France. Pourtant, les terres agricoles représentent près de la moitié de la superficie de la région. Elles produisent surtout une part non négligeable de sa richesse. Pour autant, l’agriculture francilienne est confrontée à plusieurs défis majeurs : étalement urbain, appauvrissement des sols dû aux pratiques d’exploitations intensives, concurrence mondiale des productions à bas coût, nécessité de développer des circuits courts… Avec 12 millions de bouches à nourrir, le sujet est majeur.

Thibaut Sardier

C’est un concentré d’agriculture en plein Paris. Cinq hectares où l’on croise vaches, chèvres et lapins. Où l’on découvre l’existence d’une race de brebis baptisée « Île-de- France ». Où l’on est incité à fabriquer un poulailler pour alléger ses poubelles. Sous le soleil d’un dimanche après-midi, au bois de Vincennes (12e), la ferme pédagogique de la Ville de Paris montre aux enfants des animaux qu’ils n’ont jamais vus, sous l’œil amusé de parents qui ne semblent pas beaucoup plus informés. « Certains Parisiens n’ont jamais rencontré d’agriculteurs. La méconnaissance du monde agricole est totale », constate Damien Greffin, agriculteur à Étampes (77) et président de la FDSEA d’Île-de- France (1), pointant l’indifférence des urbains pour leur ruralité.

L’agriculture est pourtant aux portes de Paris : elle représente 47 % de la superficie de l’Île-de-France et produisait en 2013 une valeur ajoutée de 574 millions d’euros. La capitale doit même son développement à la richesse des terres limoneuses qui l’en- tourent. Elles l’ancrent dans une tradition de grande culture céréalière, aux terroirs emblématiques comme la Plaine de France ou la Beauce. Aux côtés des céréales, on trouvait une importante culture maraîchère, destinée à satisfaire une partie conséquente des besoins des citadins en produits frais : c’est la « ceinture verte » qui entourait la capitale jusqu’à une trentaine de kilo- mètres à partir du centre. Arbres fruitiers ou encore légumes cultivés sous cloche de verre faisaient partie du paysage des abords immédiats de Paris, marqués par certaines productions emblématiques, comme les pêches des murs de Montreuil, déjà réputées sous le règne de Louis XIV.

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