Connu pour son engagement antiraciste, l’ancien président de l’Union des étudiants juifs de France (UEJF), aujourd’hui jeune ténor du barreau de Paris, évolue depuis quatre ans dans l’ombre d’Anne Hidalgo. À l’heure du bilan, et alors que des tensions se font sentir dans la majorité parisienne, l’adjoint aux relations internationales entend rester loyal.
Vincent Michelon

Il est de tous les combats antiracistes. À 41 ans, Patrick Klugman est avant tout connu pour les nombreux procès qu’il a eu à couvrir au nom de ses médiatiques clients : Yann Moix, dont il est proche, Caroline Fourest, BHL , les Femen, Loïc Le Floch-Prigent ou encore Omar Sy. Et pour ses constants plaidoyers, surtout, contre l’antisémitisme, quitte à être la cible privilégiée des sites d’extrême droite et de certaines sphères « antisionistes » : il a été l’avocat des parties civiles dans l’affaire Merah, et officiait encore en juin dernier dans une affaire d’agression crapuleuse à Créteil sur fond d’antisémitisme.

On connaît moins le Patrick Klugman responsable politique, sa deuxième casquette. Il officie pourtant depuis 2014 comme ad-joint chargé des relations internationales auprès d’Anne Hidalgo. Une fonction théoriquement stratégique, compte tenu de la visibilité mondiale de Paris sous cette mandature (Jeux olympiques et paralympiques de 2024, COP21, C40 et engagement climatique…), mais trustée par la maire de Paris elle-même. « Notre diplomatie des villes s’est largement développée », vante l’adjoint, qui n’hésite pas à avancer qu’Anne Hidalgo est aujourd’hui « la maire la plus influente du monde ». La preuve ? La nouvelle gouverneure de Mexico, Claudia Sheinbaum, n’a accompli « qu’un voyage officiel avant son intronisation » en juillet dernier : « C’était à Paris ! »
À l’heure où la majorité municipale subit une série de craquements – départs vers LREM, démission bruyante du premier ad-joint Bruno Julliard… –, Patrick Klugman, personnalité « de la société civile » ralliée sur le tard au PS, devient paradoxalement le premier défenseur d’une maire attaquée de tous côtés. Julliard, entré en politique en même temps que lui ? « Je ne pensais pas que ça irait jusque-là. Sur le plan de la loyauté, le compte n’y est pas », tance l’avocat. « J’ai vraiment regretté la manière dont il est parti, qui condamne tout ce qu’il pouvait y avoir de constructif dans la démarche. » S’il reconnaît que la majorité a pu « commettre collectivement des erreurs de communication », Patrick Klugman n’en démord pas : il ne tarit pas d’éloges au sujet d’Anne Hidalgo, une personnalité « qui percute les gens et les emmène avec elle », « une énergie phénoménale », dotée « d’une vision d’avenir pour Paris » qui a tiré « toutes les conséquences »…

Droits photo : © Jean-Baptiste Gurliat/Mairie de Paris
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