Directeur général adjoint du réseau des transports d’Île-de-France, le « M. Grand Paris » de la SNCF fait rimer les mots « cheminot » et « intello ». Sa mission : redresser la barre des trains de banlieue à la dérive et opérer la connexion avec le futur Grand Paris Express.

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« Un normalien qui sache écrire. »
C’était l’exigence du général de Gaulle pour embaucher Georges Pompidou, son principal collaborateur. Pierre Messulam, directeur général adjoint du Transilien SNCF (1), le réseau d’Île-de-France, fait mieux que Pompidou. Normalien, il sait écrire (2), mais connaît aussi la musique. Avant les heures de bureaux, on peut l’entendre, dit-on, jouer du violon : Bach, Beethoven, Mozart… Le « M. Grand Paris » de la SNCF est une sorte d’ovni intellectuel. Dans sa jeunesse – il est né en 1960 –, il fut reçu à la fois à l’École normale supérieure, rue d’Ulm, et à Polytechnique. Il a finalement préféré l’ENS. C’est avec ce bagage, qu’après avoir travaillé à l’Autorité de sûreté nucléaire, il entre à la SNCF en 1989. « C’est plutôt elle qui m’a choisi. » Il fut notamment directeur du projet TGV Rhin-Rhône entre 2004 et 2010, avant de se passionner pour les trains de banlieue.

Le bureau de Pierre Messulam, comme ceux du Transilien à Montparnasse, est une alvéole. On s’y sent insecte. Mais il l’a ouvert en grand :
cartes d’Île-de-France aux murs et discret pupitre couvert de partitions. Transporter 3 millions de Franciliens chaque jour est une équation complexe. Il n’y a pas de problème, dit-il, qui ne puisse être résolu grâce à une forte réflexion mathématique et statistique. « Il sait aussi donner sa chance à des pistes étonnantes. Dans un monde compliqué, c’est précieux », remarque Bénédicte Tilloy, ancienne DG du Transilien, avant d’ajouter : « Le réseau est abîmé et sa régénération prendra du temps. » Il faut, en effet, de l’imagination et de la méthode pour remettre d’aplomb un réseau francilien qui pâtit d’un manque d’investissement depuis les années 1980, alors même que la croissance du nombre de voyageurs atteint 3 % par an en moyenne. Pierre Messulam, avec d’autres, tente de redresser la barre d’un réseau de banlieue à la dérive.

 

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