VERS LA FIN DES REMOUS ?

Le coût probable de la construction d’une grande piscine olympique en Seine-Saint-Denis provoque la polémique. Le budget des Jeux olympiques et paralympiques de 2024 est serré : pour la plupart des sites, les organisateurs ont donc fait le choix de bassins démontables. Selon ces récents arbitrages, le 93 devrait compter huit piscines supplémentaires à l’issue des Jeux.

Julien Descalles

Huit piscines, dix bassins. Tel est l’héritage nautique que doivent laisser les Jeux olympiques et paralympiques (JOP) de 2024 à la Seine-Saint-Denis, où aujourd’hui un enfant sur deux ne sait pas nager à l’entrée au collège. Le dispositif, entériné le 14 juin dernier par le protocole de financement des JOP, devrait encore s’étoffer d’ici quelques mois de plusieurs bassins à rénover ; mais il comprend déjà l’installation à Saint-Denis d’un centre aquatique olympique (CAO) pérenne et de bassins démontables de 50 et 25 mètres, la construction de sites d’entraînement à Aubervilliers, Aulnay-sous-Bois et Noisy-le-Sec, la réfection de la piscine de Marville à La Courneuve… De quoi mettre fin aux remous provoqués par la perspective d’une grande piscine apte à accueillir les compétitions internationales ?

« C’est un serpent de mer évoqué depuis plus de trente ans, qui a contribué à l’échec de Paris face à Barcelone pour l’obtention des JO de 1992, de même pour les autres candidatures ratées », rappelle Armand de Rendinger, auteur de Le pari olympique de 2024, chance ou malédiction ? L’équipement devait même être édifié en 2005, JOP ou pas ; il n’est jamais sorti des eaux, la faute à son coût de fabrication puis aux frais d’exploitation. L’hiver dernier, un rapport des inspections générales sur les infrastructures s’est alarmé des risques d’un surcoût de 160 à 170 millions d’euros, pour un équipe-ment calibré à 130 millions dans le dossier de candidature. Sans compter le risque d’un déficit d’exploitation abyssal, estimé entre 500 000 et 1,5 million d’euros de pertes annuelles. Un investissement faramineux qui risque d’envoyer par le fond l’aspiration des organisateurs à produire des Jeux financièrement sobres…

Illustration : © LUXIGON
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