La crue de 1910 demeure l’inondation la plus grave qu’a connue Paris au XXe siècle. Statistiquement, une telle catastrophe se reproduit une fois par siècle. S’il est impossible de prévoir quand surviendra la prochaine immersion, de nombreuses mesures ont été prises pour en limiter les potentiels dégâts.

Thibaut Sardier

Qu’a-t-on retenu de la célèbre crue de 1910 ? L’image du zouave du pont de l’Alma noyé, évidemment. On en a aussi gardé une hauteur de référence 8,62 m, bien au-dessus des 6,10 m atteints par la Seine en juin 2016 intégrée par tous les outils de mesure des risques hydrologiques. Ainsi, depuis cent sept ans, on sait ce que signifie une crue majeure du fleuve. On s’attend même à ce qu’elle se reproduise : pour les hydrologues, ce type de phénomène est dit centennal car, statistiquement, il survient une fois par siècle. Avec le temps cependant, les façons de se prémunir d’une telle catastrophe et de la surmonter ont disparu des mémoires. C’est donc toute une culture du risque qu’il faut reconstruire.

Paris, bien plus vulnérable qu’en 1910
Le défi se présente alors que l’agglomération parisienne est bien plus vulnérable qu’en 1910 : plus étendue, plus peuplée. Elle concentre aussi davantage d’équipements stratégiques, notamment en sous-sol avec en particulier les réseaux de transport en commun et d’électricité. Il s’agit donc d’abord d’évaluer les pertes possibles, afin de s’en prémunir. « Par chance, l’agglomération n’est pas exposée à un risque de mortalité directe pour les populations car les inondations sont dites à cinétique lente, c’est-à-dire que l’eau monte lentement, à la différence de ce qui pourrait se passer à Londres en cas de marée de tempête », indique Ma- gali Reghezza-Zitt, maître de conférences en géographie à l’École normale supérieure de Paris, auteure de Paris coule-t-il ? (Fayard, 2012).

Retrouvez la suite de l’article dans le dernier numéro du Magazine Grand Paris, disponible en kiosque ou par abonnement

image_pdf