C’est un acteur méconnu et pourtant incontournable de la métropole. Représentant de l’État, le préfet de Paris et d’Île-de-France – le plus haut gradé de la préfectorale – joue un rôle déterminant de chef d’orchestre dans l’aménagement de l’agglomération parisienne. Diplômé de HEC et de l’ENA, Jean-François Carenco fut directeur de cabinet de Jean-Louis Borloo au ministère du Travail, de l’Économie, puis de l’Écologie, avant de devenir spécialiste de la « création de métropoles » – Montpellier Méditerranée et surtout le Grand Lyon – en tant que préfet de région. Lors de sa nomination en avril 2015, le Premier ministre lui confié une mission : accélérer le dossier du Grand Paris. Logement, transport, tourisme, accueil des migrants, gouvernance de la Métropole… Il évoque pour notre magazine quelques questions brûlantes, avec sa franchise coutumière, sans détour ni langue de bois.
Propos recueillis par Bertrand Gréco et Gaspard Dhellemmes

Vous avez la réputation d’avoir du franc-parler. Comment comptez-vous mettre ce tempérament au service du Grand Paris ?
Jean-François Carenco Je n’ai pas un tempérament particulier. On m’a nommé pour faire des choses, j’essaie de les faire. Mais pour cela, il faut mettre un nom sur les choses. Il faut rassembler aussi. Il m’appartient surtout d’être le rassembleur. Ma méthode, c’est de réunir les gens et de leur dire : « on y va ensemble ! » J’y crois. Le Grand Pari, je l’écris sans « s ».

L’avenir de la métropole dépend de nombreux acteurs. Comment définissez-vous votre rôle dans la construction du Grand Paris ? Vous voyez-vous comme une sorte de « grand ensemblier » entre la MGP, la Région, la capitale ?
JFC Il y a effectivement tout un tas d’acteurs impliqués. La caractéris- tique du monde moderne, et plus spécifiquement de la métropolisa- tion, c’est que les systèmes hiérar- chiques d’action ne marchent plus beaucoup. Nous sommes tous en réseau et chacun a son rôle. Les vieux découpages tombent : entre
le public et le privé, entre l’État et les collectivités locales, entre les collectivités locales et les associa- tions… Les barrières s’effondrent. Si nous avons réussi en un rien de temps sur le logement, par exemple, c’est que nous avons dit : « les vieilles lunes sont terminées ! » Idem en matière de culture ou de transport. Partout, il nous faut considérer que les choses doivent être faites ensemble. Voilà la nouvelle donne.

 

Retrouvez également son interview en vidéo ici

Retrouvez la suite de l’article dans le dernier numéro du Magazine Grand Paris, disponible en kiosque ou par abonnement

image_pdf