UN TRAVAIL DE HAUTE-COUTURE

En rénovant la halle Secrétan ou le marché Saint-Germain en plein Paris, la filiale française de Banimmo a déjà fait ses preuves. Faire renaître les commerces de proximité en déshérence en cœur de ville : un savoir-faire que la société, devenue Urban Renaissance depuis son rachat au début de l’année par le fonds d’investissement Montefiore, entend conserver. Entretien avec son PDG, Olivier Durand.

Propos recueillis par Nicolas Barre

Sous votre ancien nom, Banimmo, vous vous êtes spécialisé dans les opérations complexes de cœur de ville, à l’instar de la nouvelle halle Secrétan, à Paris. Urban Renaissance poursuivra-t-elle dans cette veine ?
OLIVIER DURAND : Nous nous sommes fait une spécialité de donner une seconde vie à des lieux de commerces qui ne marchaient pas. De ressusciter des bâtiments souvent historiques, ou du moins patrimoniaux, en les agrandissant, en corrigeant leurs défauts, en les repensant. Et ce, dans des contextes urbains denses particulièrement délicats. Du coup, il nous faut faire du sur-mesure pour chaque projet, d’autant qu’on ne revitalise pas un centre-ville dans un quartier populaire comme dans une cité-dortoir ou dans une ville plus aisée. Nous sommes capables de nous adapter, qu’il s’agisse de réanimer la galerie Hoche à Pantin (93), une galerie commerciale à Saint-Germain-en-Laye (78) ou la halle Secrétan (Paris 19e). C’est un véritable travail de haute-couture que nous avons effectué pour faire renaître ces halles de Baltard, classées monuments historiques. Il n’était pas question de les démolir : il a donc fallu les soulever, creuser la dalle, créer des mezzanines et des volumes intérieurs, déplomber et dépolluer le site, réinventer les règles de sécurité, sortir le commerce de ce bâtiment humide en ouvrant les façades sur les rues et en piétonnisant en partie les alentours. Le chantier a duré huit ans. Idem pour la mutation du marché Saint-Germain (6e) en centre Apple. Nous disposons de sérieuses références en matière architecturale, esthétique, juridique, administrative et de collaboration avec les élus locaux.

Ce modèle est-il reproductible pour faire renaître le commerce de proximité dans tous les centres-villes métropolitains ?
O.D. : Absolument pas. Je me méfie du reproductible à l’envi. Chaque bâtiment, chaque quartier, chaque ville sont porteurs de leur propre histoire, de leur propre environnement, de leurs propres besoins. Il n’est pas question pour moi de dupliquer un modèle « Grand Paris » formaté, mais bien de me saisir de sites d’exception.

Illustration: © DR
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