Toujours aussi convoitée par les touristes, la capitale italienne a vu plusieurs grands projets sortir de terre ces dernières années. Mais nombre d’entre eux sont finalement restés à l’abandon. Autant d’éléphants blancs symptomatiques des problèmes de gouvernance et de la faiblesse économique de cette capitale-métropole, dont le périmètre équivaut à deux fois la taille du Grand Paris.
Alma Victor

Rome, ou l’histoire sans cesse renouvelée d’une mutation inachevée. Si de nombreux chemins touristiques y mènent aujourd’hui, force est de constater que la ville éternelle ne s’est pas construite en un jour. Ni même en deux millénaires. Car derrière la carte postale idyllique, qui fait de la capitale italienne la troisième destination touristique européenne après Paris et Londres, se cache une métropole de quatre millions d’habitants aux prises avec de nombreuses difficultés économiques et urbanistiques.

L’exemple le plus frappant est sans doute le métro. La ville ne compte aujourd’hui que trois lignes, dont une jamais terminée, contre 14 lignes à Paris intra-muros qui compte deux fois moins d’habitants – sans compter le RER. Le projet d’une troisième ligne de métro à Rome, lancé en 1995, avait pour ambition de traverser le centre historique et de relier la périphérie du nord à celle du sud. Sauf qu’il n’a été financé que jusqu’au Colisée, et seule la moitié de la ligne a finalement été construite. « Ça fait vingt-cinq ans que les habitants l’attendent, mais ce projet a été enkysté en raison de dysfonctionnements graves dans sa mise en œuvre. Le système d’appels d’offres est opaque. Là-dessus se greffe une série d’entreprises plus ou moins compétentes, jusqu’à ce que l’on découvre que les projets ont été infiltrés par la corruption, le clientélisme et les entreprises mafieuses », détaille Aurélien Delpirou, maître de conférences à l’école d’urbanisme de Paris.

« Des cathédrales dans le désert »

L’histoire du complexe sportif, baptisé Città dello sport, incarne encore mieux l’incurie des dirigeants romains. Ce projet titanesque devait voir le jour pour les championnats du monde de natation de 2009. Mais après deux ans de travaux, le chantier a été arrêté. La compétition internationale a finalement eu lieu dans le grand centre sportif du nord de la ville, Foro Italico, construit pour accueillir les Jeux olympiques de Rome de…1960. L’immense structure en forme de vague blanche, dessinée par l’architecte espagnol Santiago Calatrava, est restée posée au milieu de la périphérie romaine, laissée à l’abandon, comme un triste symbole du renoncement des autorités italiennes.

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