La gigantesque capitale de l’Indonésie, troisième ville la plus peuplée du monde, peine à s’organiser, écartelée entre le centre et la périphérie, riches et pauvres, désir de modernité et poids des installations informelles ou illégales. Les gratte-ciel s’opposent aux kampungs, les quartiers anciens. Les lignes de bus rapide concurrencent les milliers de minibus privés prisés par les plus démunis. L’ébauche de gouvernance se heurte à la mainmise d’un gouvernement national surpuissant. Suivez le guide.

Comment nommer une métropole ? À cette question symboliquement forte, la France ré-pond souvent par l’adjectif « grand », comme dans « Grand Paris ». En Indonésie, on préfère les acronymes évolutifs. Ainsi, pour désigner le « Grand Jakarta », on a d’abord parlé de Jabo-tabek, puis de Jabodetabek-punjur. Le terme agrège la première syllabe de chaque commune concernée par la métropolisation : Bogor (au sud), Tangerang (à l’ouest) et Bekasi (à l’est) sont les trois premières de la liste, dont l’allongement reflète l’exceptionnelle croissance de l’agglomération, passée en cinquante ans de 6 à 27 millions d’habitants.

Troisième ville la plus peuplée du monde, Jakarta est grande. Trop grande ? La question traverse l’esprit, quand on observe les embouteillages monstres aux heures de pointe. Ou quand on sait que la gouvernance de l’agglomération se partage entre trois provinces sans que l’institution métropolitaine ait les moyens d’imposer une politique globale. Au centre de l’agglomération, la commune de Jakarta fait donc cavalier seul et impose sa vision avec un ambitieux plan de développement 2012-2030. Prenant exemple sur des modèles comme Singapour, Hongkong ou Dubai, son dessein est que les tours de bureaux ou de logements se multiplient autour du Monument national qui, en plein centre-ville, célèbre l’indépendance proclamée en 1945 vis-à-vis des Pays-Bas.

Thibaut Sardier

Retrouvez la suite de l’article dans le dernier numéro du Magazine Grand Paris, disponible en kiosque ou par abonnement

image_pdf