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Conseillère de Paris dans le 15e arrondissement et eurodéputée, cette ancienne proche de Valérie Pécresse préside la difficile fédération LR de Paris. Issue d’une famille modeste de Fontenay-sous-Bois (94), l’ambitieuse, qui soutient Rachida Dati, « a toutes les qualités pour être une grande responsable nationale.» dit d’elle son autre mentor, François Baroin.

Tristan Quinault-Maupoil

Devant 400 femmes réunies au Palais Brongniart ce soir de novembre, Agnès Evren livre un conseil après avoir reçu le prix de la Femme d’influence. « Ne soyez pas dociles, mesdames! » La présidente de la fédération LR de Paris est récemment devenue l’un des visages qui comptent à droite. « J’ai compris le mode d’emploi », minimise la quadra. « Nos mandats ne tombent pas du ciel, il faut des qualités d’homme pour s’en saisir. D’abord, ne pas s’excuser ni hésiter quand une occasion se présente », ajoute-t-elle. D’abord proche de Valérie Pécresse, elle fut surprise il y a un an de voir le nom de Laurent Wauquiez s’afficher sur son portable. Il avait une proposition à lui faire. Intégrer le trio de tête de la liste LR aux européennes. Agnès Evren sait que si elle accepte, Valérie Pécresse pourrait le lui reprocher. « Quand le train s’arrête dans ta gare, il faut savoir monter dedans », lui dit François Baroin, son autre mentor. Elle fonce. Sans regret. Sans surprise, la présidente de la Région Île-de-France qui pensait en faire une figure de son mouvement Libres ! s’en plaint.

« La femme à un milliard »

L’émancipation a pris des airs de manque de loyauté, même si dans son dernier ouvrage (Et c’est cela qui changea Tout, Robert Laffont), Valérie Pécresse se dit « fière d’avoir contribué à l’émergence d’une jeune génération
de femmes politiques dont certaines se font entendre au niveau national »
. Si le contact n’est pas rompu, le lien s’est un peu distendu. « Je n’ai pas compris. Je reste pourtant dans la même famille politique. Je ne suis pas allée à En Marche ! », feint de s’étonner l’eurodéputée. « Agnès est extrêmement loyale mais aussi très lucide sur la nécessité de faire son propre parcours », observe pour sa part François Baroin.

Avant cet épisode, Agnès Evren était déjà un poids lourd de l’exécutif francilien. « La femme à un milliard », s’amusait Patrick Karam, vice-président LR à la Région. Et pour cause : chargée des lycées, l’élue a géré l’une des principales compétences de la première région d’Europe. Une mission à haut risque pour l’ancienne chef de cabinet de Luc Ferry. Ses premiers pas passés rue de Grenelle auraient pu être sans lendemain. « J’ai vu des ministres pendus à leur téléphone à attendre un coup de téléphone qui les sauve », raconte-t-elle.

L’envie d’ailleurs gagne la conseillère. En 2004 la décision est prise. Avec Pierre Weill, le fondateur de l’Institut de sondage Sofres, ils fondent une entreprise de conseils en stratégie, ADF Corporate. « J’ai voulu prouver que j’étais capable de faire autre chose qu’être une apparatchik, confrontée à la paperasserie administrative », se souvient-elle. L’aventure florissante dure près de six ans. Mais la politique est « une drogue dure et j’ai été de nouveau happée ». Quand François Baroin intègre le gouvernement au très technique ministère du Budget, elle rejoint son cabinet, en charge de concilier les demandes budgétaires des parlementaires qui défilent à Bercy.

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