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Le cabinet d’architectes qui monte dans la capitale est scandinave. Kjetil Traedal Thorsen et Craig Dykers se sont fait connaître en construisant la nouvelle bibliothèque d’Alexandrie et affichent plus de 500 réalisations à travers le monde. À Paris, ces adeptes du transpositionning – une méthode collaborative et interdisciplinaire – vont offrir une seconde vie au musée Carnavalet et au théâtre Nanterre- Amandiers. Ils feront également sortir de terre Les Lumières Pleyel, projet-lauréat d’Inventons la métropole en Seine- Saint-Denis.


Julien Descalles

Future voisin de la gare d’Austerlitz (Paris 13e), le siège du groupe Le Monde (1), signé par l’agence scandinave Snøhetta, semble promis aux gros titres, avant même son ouverture début 2020. À l’honneur des manchettes ? La prouesse technique de cet immeuble-passerelle, dont la structure métallique se joue des contraintes, enjambe les dalles camouflant quatre voies ferrées SNCF et permet ainsi à un jardin et des espaces publics de prendre racine sous les bureaux. Mais aussi sa « double peau » de métal et de verre sérigraphié, à la transparence toute symbolique pour un lieu dédié à l’information. « Après les attaques contre Charlie Hebdo, la tentation du repli et de la forteresse aurait pu prendre le pas », explique Kjetil Traedal Thorsen, cofondateur avec l’Américain Craig Dykers de l’agence norvégienne Snøhetta. « Nous avons préféré faire tout le contraire, avec une architecture dynamique qui favorise l’inclusion du public et des riverains, le dialogue entre les journalistes et les passants, l’intimité et le sentiment d’appartenance du lecteur aux médias. En permettant notamment de changer constamment de point de vue sur le bâtiment en le longeant, en passant par dessous, en plongeant son regard dans ses entrailles… »

Un binôme qui, avec ce « bâtiment contextuel et conceptuel », entend rester fidèle à la marque de fabrique de leurs débuts : en 1989, fraîchement diplômés, ils remportent le chantier de la nouvelle bibliothèque d’Alexandrie, en Égypte, réinvention contemporaine – inaugurée en 2002 – de l’un des plus célèbres monuments de l’Antiquité. Opéra-iceberg bâti entre les fjords sur le port d’Oslo (2008), duplicata de la grotte de Lascaux (2016) faisant la part belle à la découverte des fresques préhistoriques reconstituées autant qu’à la canopée de la forêt environnante – « par souci de recontextualisation géographique », extension du Musée d’art moderne de San Francisco dont la façade ondulée en fibre de verre et polymères fait écho à l’omniprésent brouillard de la baie (2016)… Trois décennies plus tard, le cap des 500 réalisations internationales franchi, l’acharnement à faire dialoguer architecture et paysage ne s’est jamais démenti.

Droits photo : © Snøhetta
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