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La petite ceinture est aujourd’hui en partie désaffectée. Comment transformer cette rocade ferroviaire qui fait le tour de Paris sur 32 kilomètres, à l’intérieur des boulevards des maréchaux ? Tandis que la majorité municipale – en particulier les écologistes – souhaite aménager de nouvelles promenades le long des voies ferrées végétalisées, d’autres voix en son sein – notamment chez les communistes – s’élèvent pour demander la réouverture d’une ligne de transports, de passagers et de marchandises.

Propos recueillis par Sylvie Roman

POUR Didier Le Reste (PCF), conseiller de Paris et ancien secrétaire général de la CGT cheminots à la SNCF.

« ROUVRIR LA LIGNE PERMETTRAIT DE FAIRE BAISSER LES ÉMISSIONS POLLUANTES ET DE DÉLESTER
PLUSIEURS LIGNES DE MÉTRO SURCHARGÉES »

 Didier Le Reste (PCF)

Plusieurs positions antagonistes s’affrontent sur le devenir de la petite ceinture. Quelle est la vôtre ?
J’ai toujours défendu la vocation ferroviaire de cette rocade. La petite ceinture permet de relier l’ensemble des gares de Paris, puisqu’elle croise chaque faisceau ferré. C’était pertinent à sa construction, et ça le reste encore aujourd’hui ! Actuellement, on compte 22 kilomètres de rails sans coupure, on peut donc facilement réhabiliter les voies et les infrastructures pour y faire rouler des trains à nouveau. En fait, les prises de position des élus demandant l’abandon définitif de la ligne traduisent une méconnaissance de ce dossier. Nombreux sont ceux qui pensent que l’ancienne ligne est en mauvais état, alors qu’elle est parfaitement fonctionnelle. D’ailleurs, pour certaines occasions particulières, on y fait rouler des trains. Je précise que contrairement à ce qu’on entend, la petite ceinture est toujours inscrite au schéma directeur régional des transports, qu’elle est propriété de la SNCF et qu’elle est même connecté à plusieurs stations de métro et de RER C et D ! …

 

CONTRE Joëlle Morel (EELV), conseillère de Paris, déléguée aux espaces verts, à la biodiversité et au plan climat à la mairie du 11e arrondissement.

« NOUS CONSIDÉRONS L’EMPRISE DE LA PETITE CEINTURE COMME LE DERNIER POUMON VERT DE PARIS, QUE NOUS DEVONS PRÉSERVER À TOUT PRIX »


Joëlle Morel (EELV)

Quelle est la position du groupe EELV sur le devenir de la petite ceinture ?
C’est un sujet très sensible. Depuis des années, nous considérons l’emprise de la petite ceinture comme le dernier poumon vert de Paris, un espace de biodiversité et de respiration que nous devons préserver à tout prix. Nous pensons qu’il faut la transformer pour en faire un espace de balades, qui doit rester gratuit et accessible. Paris manque cruellement d’espaces verts et de parcs. La petite ceinture est une réelle opportunité pour se doter de plus de nature en ville. Au fil des discussions avec la SNCF, toujours propriétaire de l’emprise, ce point de vue a été pris en compte, notamment via un accord signé en juin 2015 sur le devenir de la ligne. Mais aujourd’hui, seulement huit kilomètres ont été aménagés et sont accessibles aux promeneurs. Nous souhaitons donc que de nouveaux accords soient signés afin de développer au maximum la piétonnisation de la petite ceinture…


Droits photo : © Bensliman Hassan | Dreamstime.com – la ceinture verte dans Paris
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