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Automatisation, numérisation, boum de l’intelligence artificielle… Les robots vont-ils remplacer les travailleurs, y compris les cols blancs ? Alors que 50% des métiers actuels seraient en voie de disparition, le phénomène pourrait également renforcer la fracture entre métropoles et périphéries. La robotisation, opportunité ou catastrophe pour l’emploi ? Entre les militants d’une taxe sur les robots et ceux qui prônent la « destruction créatrice », les économistes divergent.

Julien Descalles

Entre utopie et dystopie, le coeur des cinéphiles a souvent balancé. Mais aujourd’hui, la fiction est en passe de devenir réalité, ou presque : selon plusieurs études, 49% des emplois seraient automatisables en Europe, et plus d’un sur six voué à disparaître en France d’ici deux décennies ; 50% des métiers existant aujourd’hui n’existeront plus en 2030… Le raz-de-marée technologique programmé de la robotique et de l’intelligence artificielle (IA) pourrait donc bien transformer nos usines et nos bureaux en zones désertiques. Et l’avis de gros temps promet de n’épargner aucune profession. Magasiniers remplacés par des étagères mobiles chez Amazon, caisses automatiques en voie de généralisation dans les magasins, robot pizzaïolo à Marne-La-Vallée (77), algorithme de rédaction au Los Angeles Times, « chatbot » (ou « agent conversationnel ») assurant la présélection de candidats dans les campagnes de recrutement, etc. « Les grands cabinets d’avocats américains embauchent ainsi de moins en moins de jeunes collaborateurs, n’ayant plus besoin d’eux pour compulser les archives, rechercher la jurisprudence ou même rédiger certains documents juridiques types, remplacés par la numérisation et l’IA », illustre ainsi François Bourguignon, professeur émérite à la Paris School of Economics.

Un constat partagé par Romain Lucazeau, directeur au cabinet Roland Berger, dont l’étude Les classes moyennes face à la transformation digitale (2014) prévoit la suppression de trois millions de postes dans l’Hexagone sous dix ans, et la transformation de 42% de la totalité des emplois sous vingt ans : « Si elle se poursuit dans les industries, la logistique, le transport…, cette nouvelle vague d’automatisation des tâches concerne désormais les cols blancs, à la grand différence des Trente Glorieuses. Au sein des entreprises, des activités support telles que les ressources humaines, la comptabilité ou les finances sont prises en charge par des logiciels de plus en plus sophistiqués. »

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