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Alors que les expérimentations de transports collectifs sans conducteur se multiplient dans la métropole, le développement technologique de la voiture-robot individuelle – qui s’annonce particulièrement coûteuse – semble marquer le pas. Ce qui n’empêche pas les pouvoir publics de réfléchir aux outils d’encadrement pour cette révolution à venir.

Julien Descalles

Un virage à ne pas manquer. Profitant du cadre instauré par la loi d’orientation des mobilités (LOM), la RATP entend passer la vitesse supérieure concernant les expérimentations de véhicules autonomes (VA) d’ici l’an prochain. Extension du parcours de la navette sans pilote du bois de Vincennes jusqu’à Hôtel de Ville (4e), test d’une traverse de bus automatisée dans le 13e arrondissement, mise à l’essai d’une desserte autonome entre le parking et la gare de Saint-Rémy-lès-Chevreuse (78), et enfin introduction progressive de bus à haut niveau d’autonomie sur la ligne 393 et ses 50.000 voyageurs quotidiens, dans le Val-de- Marne. La Régie croit en la complémentarité du VA avec les transports collectifs.

« Si chacun devait emprunter sa voiture sans chauffeur le matin, il faudrait construire deux fois 25 voies à travers toute la région.! En revanche, l’automatisation peut nous aider à mieux mailler le territoire », défend Mathieu Dunant, le directeur de l’innovation à la RATP. En prolongeant les modes lourds d’abord, comme à Vincennes, mais surtout à Saint-Rémy. « Le VA va d’abord réparer la coupure urbaine, en facilitant l’interopérabilité entre la voiture et le RER. Avec l’ambition, d’ici 2021, de devenir une vraie solution de rabattement en allant chercher les passagers jusqu’à leur domicile. Il faut faire la preuve que dans le périurbain peu dense, il n’est pas indispensable d’avoir un conducteur dans chaque véhicule. »

Une desserte du dernier kilomètre sera également à l’essai d’ici la fin de l’année entre la gare de Massy et le plateau de Saclay, avec une navette autonome i-Cristal et deux voitures Renault ZOE. Autre objectif affiché : venir en aide aux machinistes. C’est le cas sur la ligne 393. « À l’instar de l’automatisation des lignes de métro, l’autonomie accrue des bus doit aider à améliorer la sécurité – en détectant mieux les obstacles ou en veillant aux angles morts par exemple – et la régularité, grâce à une conduite optimisée réduisant les intervalles. » De quoi entrevoir l’intuition de Jean-Louis Missika, adjoint en charge de l’urbanisme à la mairie de Paris, et coauteur de l’essai Des Robots dans la ville. Selon lui, « le platooning, soit la circulation en peloton de bus autonomes pourrait remplacer le déploiement autrement plus contraignant d’une infrastructure comme le tramway ».

Droits photo : © Michaël Gounon
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