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Robots pompiers, chirurgiens, anesthésistes, gérontologues… Mais aussi navettes sans conducteur, drones cheminots, facteurs droïdes, laveuses autonomes… Sans oublier les supermarchés 100% automatisées ou encore les étagères mobiles dans les entrepôts. L’invasion des robots et de l’intelligence artificielle (IA) est omniprésente dans la métropole. Avec les craintes inhérentes au phénomène : remplacement des salariés par les machines, chômage de masse technologique, captation et utilisation sauvage des données. Explications.

Julien Descalles

D’inattendus soldats du feu. Au milieu des flammes qui ravageaient la cathédrale Notre-Dame au printemps dernier, des drones et un robot d’extinction téléguidé baptisé REX ont prêté main-forte aux sapeurs-pompiers de Paris en lutte contre le sinistre. Et permis de gagner de précieuses minutes quand le monument menaçait de s’effondrer. Les premiers, en saisissant clichés et vidéos aériennes, essentiels pour établir au plus vite un croquis opérationnel et décider par quel biais attaquer le feu. Le second, équipé d’une lance à incendie, en ralliant la nef pour combattre le feu au plus près des foyers quand la charpente écroulée, les éboulements de pierres et la chaleur ardente la rendaient inaccessibles aux humains. Les casernes n’échappent pas à une montée en puissance de la robotique. La brigade des sapeurs-pompiers de Paris (BSPP) s’est même dotée de trois Sentinel, « chenillard éclaireur » capables de transporter 800 kg de matériel, d’évacuer des victimes ou encore de sécuriser les chantiers souterrains du Grand Paris Express, notamment. Le secteur médical a lui aussi recours à la machine. Dans les blocs opératoires de la Pitié-Salpêtrière (Paris 13e), Georges-Pompidou (15e), Tenon (20e), Henri-Mondor (Créteil) ou encore Bicêtre (Kremlin-Bicêtre), les robots Da Vinci Xi s’apprêtent à intervenir à tour de bras – articulés, bien sûr. L’AP-HP a investi 52 millions d’euros sur sept ans pour multiplier par trois – de 4 à 13 – le nombre de ses « assistants-chirurgiens ». Neuf nouvelles «.blouses blanches.» capables d’assurer 3.500 opérations de chirurgie mini-intrusive par an, dans treize disciplines différentes. Des pieuvres à trois ou quatre tentacules commandés par joystick et pédales depuis des écrans 3D. Objectifs poursuivis : des interventions plus confortables, plus précises et moins fatigantes pour les praticiens, et un rétablissement plus rapide pour les patients.

Da Vinci Xi est loin d’être le seul automate à s’immiscer dans les établissements de santé. Au service de gériatrie de l’hôpital Broca (13e), dans ceux d’hématologie de Trousseau (12e) et de Gustave-Roussy (Villejuif ) ou encore en Ehpad, Paro et Nao, des robots de téléprésence, aspirent à rompre l’isolement des personnes âgées ou des patients longuement hospitalisés, mais aussi à calmer les troubles du comportement, à réveiller les émotions ou à jouer un rôle de médiateur entre soignants et patients atteints de la maladie d’Alzheimer ou de troubles cognitifs.

Droits photo : © Istockphoto
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