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Forte de son expérience personnelle et de trente années passées à oeuvrer dans les quartiers, Naïma M’Faddel dresse un état des lieux pessimiste de la situation dans les banlieues. Ses idées et son parcours ont tapé dans l’oeil de Valérie Pécresse, la présidente LR de la Région Île-de-France.

Aude Le Gentil

Dans la vie de Naïma M’Faddel, un bout de papier a tout changé. Une enveloppe ramassée sur le bord d’une route marocaine par son petit frère. Un document permettant de venir légalement travailler dans une entreprise française. Il permet à la famille de s’installer dans l’Eure-et-Loir, à Maingournois, puis à Dreux, à une époque où la France a besoin de bras. En 1968, à 8 ans, la fillette rejoint les bancs de l’école pour la première fois. De cette époque, elle conserve une maxime héritée de son père : « Aimez ce pays comme le vôtre, parce que c’est lui qui vous nourrit. » Cinquante ans plus tard, on retrouve Naïma M’Faddel dans les locaux épurés et modernes du conseil régional d’Île de- France, à Saint-Ouen (93). En janvier 2018, la Drouaise a rejoint le cabinet de sa présidente, Valérie Pécresse (LR), pour la conseiller sur les quartiers populaires. En arriver là n’avait rien d’évident : femme musulmane, immigrée, issue d’un milieu modeste… son profil détonne, partout où elle passe. « Elle s’est faite toute seule », applaudit son ami Olivier Roy, sociologue spécialiste réputé de l’islam. « J’ai compris très tôt qu’il fallait s’investir autour des valeurs de la République », récite-t-elle. Sans craindre d’en faire trop, Naïma M’Faddel répète régulièrement les mots « cohésion », « patrie », « engagement ». Avec passion, voire emphase, elle invoque la France : « Ce pays mérite qu’on se batte pour lui, on en a le devoir, je pèse mes mots. »

Dans son parcours, un élément a joué un rôle-clé : l’arrivée de conseillers frontistes à la mairie de Dreux, en 1983, après une alliance avec la droite. « Ces discours de haine et de division ont été un choc », confie-t-elle. Depuis, Naïma M’Faddel s’est mise au service des quartiers populaires. Pour elle, « c’est une question de cohésion nationale ».

Droits photo : © Kheridine Mabrouk
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