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« UN MAIRE DU GRAND PARIS ? ÇA VIENDRA… »

Son bureau de conseiller de Paris offre une vue plongeante sur celui, tant convoité, d’Anne Hidalgo, de l’autre côté du parvis de l’Hôtel de Ville. Pierre-Yves Bournazel rêve, matin, midi et soir, de devenir maire de la capitale. Candidat hors parti aux municipales de l’an prochain, l’outsider de 41 ans est persuadé qu’il peut créer la surprise et troubler la bataille qui opposera l’édile sortante, le futur représentant macroniste et celui (ou celle) de la droite. Le député Agir du 18e arrondissement – qui siège toujours au groupe LR du conseil de Paris – jure qu’il ira « jusqu’au bout ». Il met en avant sa connaissance des dossiers et se pose en « maire de l’opérationnel » face au mandat « partisan » de la maire socialiste. Il détaille aussi les quatre « chantiers majeurs » qu’il a identifiés pour le Grand Paris, et se dit « prêt à mettre certaines prérogatives parisiennes au pot commun » de la métropole.
Propos recueillis par Bertrand Gréco et Gaspard Dhellemmes

Vous avez déclaré mi-mars votre candidature à Paris pour les municipales de 2020. Pourquoi pensez-vous avoir vos chances dans l’âpre bataille qui se dessine ?
PIERRE-YVES BOURNAZEL : Une candidature, c’est d’abord un parcours et une légitimité. Je suis élu de Paris depuis onze ans, dans une opposition municipale que j’ai toujours conçue comme constructive. Je suis un citoyen du 18e arrondissement, où j’ai été élu conseiller de Paris en 2008, puis député de la 18e circonscription en 2017. Cet arrondissement, dans lequel je vis, incarne la diversité de la ville. J’y ai beaucoup compris et appris des légitimes attentes de nos concitoyens. Le 18e, c’est un petit Paris de 205 000 habitants qui permet de voir Paris en grand. Ces derniers mois, j’ai mis en place quinze groupes de travail avec des citoyens et experts venant de tous bords, mais qui ont comme passion et engagement communs Paris. Je construis une offre parisienne inédite, destinée à tous ceux qui estiment qu’il faut une alternative. Je le fais en homme libre avec une équipe renouvelée. L’idée est de garder ce qui a été fait de bien sous cette mandature – tout n’est pas à jeter – et de changer tout ce qui a dysfonctionné. Cela fait vingt ans que Madame Hidalgo est aux responsabilités, comme première adjointe depuis 2001, puis comme maire depuis 2014. Pourquoi lui accorder six ans de plus ? Son mandat a été très partisan. Je veux inscrire les six prochaines années dans un profond renouveau démocratique. Il faut un maire qui gère cette ville de manière plus horizontale, qui apaise les relations avec l’État, la Région et les communes riveraines.

Vous avez été candidat malheureux à la primaire de la droite à Paris en 2013, puis porte-parole de NKM aux municipales de 2014. Quelles leçons tirez-vous de ces échecs pour la bataille de 2020 ?
P.Y.B.: Nathalie Kosciusko-Morizet est une femme compétente qui a apporté au débat des idées innovantes, lesquelles sont aujourd’hui parfois reprises par Anne Hidalgo. En ce qui me concerne, j’ai connu depuis onze ans des échecs et des réussites. Mais je suis toujours resté fidèle à Paris et au 18e arrondissement, pourtant présumé difficile et ancré au PS. En 2017, j’ai gagné la 18e circonscription alors que beaucoup expliquaient que c’était impossible. Une candidature se construit très en amont, parce qu’il faut dégager une vision, des solutions opérationnelles. Le prochain maire de Paris doit aller chercher les bonnes idées là où elles se créent, dans la société civile (associations, artistes, entrepreneurs, citoyens…).

Droits photo : © Eric Dessons
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