« LA VILLE DE PARIS A UN RÉFLEXE CORPORATISTE »

Andre-Santini

POUR

André Santini (UDI), maire d’Issy-les-Moulineaux (92) et président du Syndicat des eaux d’Île-de-France (Sedif)

Où en est votre projet d’un Grand Paris de l’eau ?
Les choses ont avancé avec le rapport de la Cour des comptes [juillet 2017], qui fait suite au rap-port de la chambre régionale des comptes sur la gestion du Sedif. Celui-ci s’inscrivait dans le cadre d’une enquête régionale sur l’alimentation en eau potable de la métropole.

 Ces rapports confirment la maturité du Sedif, le qualifiant d’établissement bien géré en recherche permanente d’amélioration. Ils s’interrogent aussi sur le bon échelon de gestion d’un tel service. La Cour des comptes recommande clairement de confier à la Métropole la compétence complète en matière d’eau, comme c’est le cas dans les autres métropoles françaises ou dans les grandes villes étrangères.

Quels sont les enjeux de ce Grand Paris de l’eau ?
Le but est avant tout d’assurer une gestion cohérente, d’assurer la protection de la ressource, de mutualiser les risques de l’approvisionnement de 7 millions d’habitants et de rationaliser les investissements à une échelle pertinente. Aujourd’hui, les quatre grands acteurs que sont le Sedif, la Ville de Paris [Eau de Paris], le Syndicat des eaux de la presqu’île de Gennevilliers (SEPG) et le Syndicat mixte pour la gestion du service des eaux de Versailles et Saint-Cloud (SMGSEVESC), desservent 90 % des usagers dans 101 des 110 communes qui constituent la Métropole. ..

Droit photo : © DR

 

« LE SEDIF PROMEUT UNE VISION MARCHANDE DE L’EAU »

CONTRE

Célia Blauel (EELV), adjointe à la maire de Paris, chargée de l’environnement, de l’eau, des canaux, du plan climat, et présidente de la régie municipale Eau de Paris

Pourquoi êtes-vous défavorable à la pro-position du président du Sedif d’un Grand Paris de l’eau ?
Je ne partage pas la définition du Grand Pa-ris de l’eau portée par M. Santini.

Celia-Blauel

À l’heure du dérèglement climatique, l’échelle métropolitaine doit nous permettre de travailler ensemble sur les questions de protection de la ressource, de la surveillance et de l’accès à l’eau pour les générations futures. Nous pouvons partager les connaissances et les bonnes pratiques, mutualiser les données, mettre en place des partenariats techniques. Mais certainement pas reproduire le modèle à l’ancienne du Sedif, qui promeut une vision marchande de l’eau. Le modèle public d’Eau de Paris, a contrario, apporte des réponses concrètes à ces questions. Il a démontré sa performance d’un point de vue technique et financier, comme le souligne le rapport de la Cour des comptes. Je rappelle que l’eau de Paris est moins chère que celle du Sedif [1,19 euros m³ contre 1,37 euros/m³], car nous n’avons pas d’actionnaires à rémunérer…

Droit photo : © DR

Retrouvez la suite de l’article dans le dernier numéro du Magazine Grand Paris, disponible en kiosque ou par abonnement

image_pdf