Et si les pelures de légumes, fruits trop mûrs ou autres viandes avariées étaient l’énergie de demain ? Le recyclage des biodéchets en vue de produire de l’énergie est en croissance dans la métropole, même si le filon reste encore largement sous-exploité.
Julien Descalles

Tables gastronomiques ou de palace (Septime, Le Bristol), bistrots de quartier, marchés et halles alimentaires (Sevran, Charenton, Saint-Denis…), restaurants d’entreprise, cantines scolaires ou hospitalières, chaînes de restauration rapide, traiteurs… la liste des 400 points de collecte franciliens de l’entreprise Moulinot a de quoi faire saliver. Pour la trentaine de « ripeurs » – nom de ces éboueurs d’un nouveau genre – à l’œuvre, pas question de faire la tournée des assiettes ou des étals. Ce sont bien les poubelles qui retiennent leur attention. Épluchures, fruits trop mûrs, légumes flétris, viandes avariées et autres restes alimentaires… Quelque 7 500 tonnes de déchets organiques ont ainsi été amassées l’an dernier, avant d’être acheminées vers l’usine de méthanisation d’Étampes (Essonne).

Cette matière première est alors transformée en biogaz, mais aussi en un compost, le « digestat », destiné à l’épandage des champs alentour. « Notre métier implique de former en amont les brigades en cuisine, dont le tri n’est pas le métier, en leur conseillant une signalétique, des sacs-poubelle transparents pour éviter les erreurs ou en-core des containers à fond sphérique plus simples à nettoyer. Quant à la collecte, elle est assurée par 15 camions-bennes fonctionnant au gaz naturel de ville », détaille Stéphane Martinez, enfant de la balle de la restauration et fondateur de Moulinot, dont la chaîne vertueuse ne cesse de gagner des maillons. « À partir du printemps, nous aurons notre propre plateforme de compostage, en Essonne, pour fournir en engrais “haute couture” des maraîchers, des acteurs de l’agriculture urbaine ou encore des jardiniers des espaces verts. » Une initiative qui témoigne d’une filière de traitement des biodéchets en pleine fermentation dans la métropole. Outre les aventures entrepreneuriales de Moulinot, mais aussi de Love your Waste ou des Alchimistes, les collectivités franciliennes (Est-Ensemble, Pontoise…) ont pour leur part distribué 155 000 composteurs individuels chez des particuliers, tandis que 2 500 lombri-composteurs collectifs ont pris place en pied d’immeubles ou dans certains quartiers. Soucieuse de rattraper un retard criant – seulement 16 % des déchets de la capitale finissent recyclés, la mairie de Paris expérimente quant à elle le tri des déchets alimentaires dans les 2e et 12e arrondissements, proposant à leurs habitants de s’équiper en bio-seaux de collecte et sacs dégradables.

Droit photo: Biodéchets Les Alchimistes ©Florian Bérenguer

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