Le premier vice-président du Sénat, maire des Pavillons-sous-Bois durant vingt-deux ans, est le porte-voix emblématique de la droite en Seine-Saint-Denis. À 55 ans, l’élu LR, spécialiste des questions de logement, ne retient plus ses coups pour dénoncer la « démission » de l’État dans son département. Il égratigne au passage la Métropole et les égoïsmes locaux.
Vincent Michelon

On a connu des sénateurs plus policés. Dans son bureau feutré de premier vice-président du Sénat, le franc-parler de Philippe Dallier détonne. L’élu LR torpille, par exemple, le discours d’Emmanuel Macron sur les banlieues, tenu le 22 mai devant les élus locaux. « L’humiliation de Jean-Louis Borloo », dont le rapport a été remisé au placard, ou
« les élus pointés du doigt »… Il n’a rien digéré. Au point d’avoir adressé au président de la République, trois jours plus tard, une lettre publique au vitriol. « Avoir balayé d’un revers de main le rapport Borloo en le qualifiant de « mâle blanc » et en disant que, parce qu’il ne vit pas dans ces quartiers, son travail était nul et non avenu, ç’a été une douche froide dont je ne suis encore pas revenu », fulmine le sénateur. « Mâle blanc ? Je veux encore croire que c’était une bourde, un effet de tribune… Mais voir le chef de l’État reprendre la terminologie des Indigènes de la République, ceux qui organisent des réunions interdites aux blancs, c’est incroyable ! » Puis, il avertit : « Si Emmanuel Macron pense qu’on règlera le problème par la seule activité économique et la réduction du taux de chômage, il fait une erreur
monumentale.
»

La « réalité », pour Philippe Dallier, c’est un tableau radicalement pessimiste de l’avenir du territoire le plus pauvre de France.

Philippe Dallier est abonné aux coups de gueule. En février, Laurent Wauquiez en avait fait les frais. Le patron des Républicains avait eu droit, lui aussi, à une lettre rageuse du sénateur, outré d’apprendre qu’il était évincé du
bureau politique du parti. Méthode efficace : deux mois plus tard, il intégrait le comité stratégique de LR. « Il a un côté émotif-réactif », observe le sénateur LR des Hauts-de-Seine Roger Karoutchi, qui avait été son co-rapporteur sur le financement de l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (Anru) il y a dix ans. « Il a sa liberté de parole. C’est aussi un grand travailleur, brillant, pas sectaire, même si nous ne sommes pas d’accord sur tout, notamment sur la Métropole… »

Illustration : © Paris 2024 (Le Stade de France et le futur centre aquatique olympique en Seine-Saint-Denis)
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