Sarah Emmerich est consultante en projets de territoire. Auteur de « La Smart City en dix questions », elle évoque quelques enjeux métropolitains liés à la « ville intelligente », ses dangers et son potentiel, notamment dans le Grand Paris.

« Une vision dynamique et non plus statique de la ville »

D’où vient le concept de smart city ?
SARAH EMMERICH L’expression vient des grands opérateurs du numérique, tels Cisco, IBM ou Intel qui, depuis quelques années, ambitionnaient de jouer un rôle auprès des collectivités dans la gestion des villes. On peut aussi citer Suez, Vinci ou Bouygues. La smart city est d’abord une stratégie marketing et une approche tech- nologique de la ville. Comme tout secteur, l’espace urbain fait actuel- lement sa transition numérique. Ce changement se traduit par la pro- messe d’une modélisation de tous les réseaux et de tous les services de la ville dans le but de les amé- liorer. Grâce à une vue en temps réel, on pourra bientôt fluidifier la circulation automobile, lisser les pics de consommation d’énergie, déceler les fuites d’eau du réseau souterrain, mesurer la pollution, etc. À Paris, l’exemple le plus frappant s’appelle Sirius : ce logiciel, qui indique en temps réel la durée des trajets sur le périphérique, est un puissant instrument de régulation. Il fait gagner autant de temps que si l’on avait créé une nouvelle voie ! L’idée sous-jacente à la smart city est que mieux l’on est renseigné, mieux l’on agit. Elle per- met d’avoir une vision dynamique et non plus statique de la ville. Et offre donc davantage de complémentarité : hier, on régulait la circulation des rames du métro, aujourd’hui, on peut les coordonner avec d’autres modes de transport.

Comment la capitale s’est-elle saisie du concept ?
SE Paris poursuit un double objectif. Le premier est de mettre l’essor du numérique au service d’une ville sobre et résiliente, répondant aux grands enjeux climatiques. Il s’agit de poursuivre les objectifs de la COP21, de lutter contre la pollution de l’air, d’apaiser la circulation, d’atteindre le facteur 4 [la division par quatre des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2050]. C’est d’ailleurs l’une des promesses de la smart city : faire plus avec moins. Le second objectif de la capitale est d’associer les habitants et tous les usagers, en les faisant collaborer, dans une logique d’innovation ouverte.

 

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