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Scandé dans les cortèges, revendiqué sur les pancartes comme sur les gilets jaunes, le référendum d’initiative citoyenne, passé à la postérité sous son acronyme RIC, s’est assurément révélé la demande-phare du mouvement, à égalité avec le retour de l’impôt sur la fortune. Il incarne à lui seul une revendication forte : l’envie de participer davantage aux affaires de la cité. Le gouvernement a essayé d’y répondre en organisant un « grand débat national ». Mais la défiance est toujours là. Se traduit-elle localement sur le territoire du Grand Paris ? « Les reproches formulés à l’encontre de l’État central dans les manifestations concernent tout aussi bien les intercommunalités. Voire davantage si l’on considère le manque de visibilité et de débat des décisions prises et l’absence d’opposition dans des assemblées en recherche permanente du compromis », souligne Fabien Desage, coauteur de La politique confisquée, sociologie des réformes et des institutions intercommunales. Une critique à laquelle n’échappent ni la Métropole du Grand Paris (MGP) ni les établissements publics territoriaux (EPT). Avec comme conséquence, aux yeux du chercheur en science politique, de « proposer des politiques relevant uniquement du “ruissellement”, de l’attractivité, de l’excellence…, mais ne s’interrogeant jamais sur leur incapacité de réduire les inégalités ou la ségrégation ».

Coconstruire les projets locaux

Comment dès lors rapprocher l’instance métropolitaine de ses habitants.? En renforçant leur légitimité démocratique.: inscrite dans la loi de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles (Maptam), mais encore inédite dans les métropoles françaises, les élections de ses représentants au suffrage universel direct semblent faire l’unanimité. « C’est un passage obligé, une manière de les rendre plus lisibles, plus transparentes, mais il ne faudrait pas s’en contenter. Parce que la crise des Gilets jaunes rappelle que pour être légitime, le vote ne suffit pas, il faut aussi qu’émerge un ou des espaces publics où l’on peut débattre, discuter, délibérer et demander des comptes aux élus », observe Fabien Desage. Une idée relayée par Pierre Mansat, ancien adjoint à la mairie de Paris chargé des relations avec les collectivités territoriales : « Il faut une démocratie en continu, permanente entre la société et le politique, et pas uniquement une participation des citoyens au moment des élections. Les usagers de la ville doivent pouvoir coconstruire, voire valider les projets locaux. »

Droits photo : © jbchris
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