Le casse-tête des alternatives à la voiture

Dossier - Le casse-tête des alternatives à la voiture - grand paris développement

Transformer le périphérique implique nécessairement de diminuer le trafic automobile. Problème : malgré la construction du Grand Paris Express (GPE) et le prolongement d’Eole et des lignes 11, 12 et 14 du métro, les alternatives à la voiture sont encore rares hors de Paris, et plus particulièrement en grande couronne. La thrombose est proche, aggravée par le boum du e-commerce et du transport logistique.

Julien Descalles

Ralenti, apaisé, bouclé, démantelé… Quel que soit le scénario et son calendrier, transformer le périphérique implique de diminuer son trafic, soit 1,1imillion de voitures par jour. « La décroissance est déjà entamée depuis les années 1990 et les premiers potelets de Jacques Chirac, le trafic automobile ayant chuté de 45% dansParis intra-muros et de 11% sur sa rocade », rappelle l’économiste et urbaniste Frédéric Héran. Une circulation en partie transférée sur l’A86 et la Francilienne, effet collatéral de la périurbanisation en cours dans la région. Mais ce report et la désinduction du trafic – ou évaporation – constatée à chaque fermeture de voies automobiles n’y suffiront pas : « Si l’on veut remettre en cause les infrastructures autoroutières en coeur de Métropole, il faut d’abord proposer des alternatives a  la mobilite. Pourquoi la moitié des Parisiens peuvent se passer de voiture ? Grâce à la richesse des transports en commun. Il faut donc un maillage similaire en petite couronne », argue l’urbaniste Philippe Gazeau.

Le futur Grand Paris Express (GPE) et le prolongement d’Eole ou des lignes 11, 12 et 14 du métro détourneront-ils les automobilistes du volant ? Insuffisamment, selon une étude de trafic de la DRIEA de 2012 prédisant que
« la majorité des gains de délestage [du GPE] seront compensés du fait de la croissance des déplacements journaliers [d’ici 2030]. » D’où la nécessité d’ouvrir tous les canaux possibles aux transports en commun et collectifs. « Plutôt que d’investir 35 milliards d’euros dans un super-métro, mieux vaudrait continuer à mailler la métropole avec le tramway, transport à la fois très efficace et qui prend de la place à la voiture sur la voirie », défend Frédéric Héran.

Mais si l’alternative ferrée se renforce à l’intérieur de l’A86, elle manque cruellement à la grande couronne : seulement 13% de ses habitants habitent à moins d’un kilomètre d’une gare ferroviaire, contre 100% des Parisiens et 60% des résidents de petite couronne1. Traiter le périph’ ne sera pas suffisant, il faudra aussi « siphonner » la circulation automobile bien en amont. « Une stratégie est nécessaire pour les 300 000 autosolistes venant de loin pour travailler dans le Grand Paris. Quoi de plus acceptable socialement, faisable rapidement et soutenable financièrement que d’installer des bus à haut niveau de service sur des voies dédiées sur les autoroutes franciliennes ? », plaide David Mangin, porte-parole du New Deal, proposition minutieusement développée au sein des « routes du futur Grand Paris ». Celle-ci ambitionne de réduire de 50% le trafic francilien d’ici 2050 avec ces bus de 80 passagers, complétés dans l’avenir par des navettes autonomes roulant en platooning (convoi). Des files réservées, également ouvertes au covoiturage pour remplir, selon un principe similaire, ce qui n’est pas encore saturé dans l’agglomération, à savoir les véhicules.

Des hubs d’intermodalité

Chiffré par l’équipe à 7 milliards d’euros, ce modèle de rabattement vers les gares et stations de la zone dense est déjà appliqué avec succès à Madrid – 100 000 passagers par jour, soit 15% du trafic – et expérimenté sur des tronçons franciliens de l’A10 et de l’A14, en attendant un déploiement plus massif en 2020 via le plan Bus d’Île-de-France Mobilités. La condition de sa réussite ? « Il faut réussir l’intermodalité entre le transport routier et les réseaux collectifs, insistePatricia Pelloux, directrice adjointe de l’Apur. Les équipes consultées par le forum métropolitain du Grand Paris ont toutes mis l’accent sur la nécessité de hubs où retrouver tous les modes de déplacement et l’utilisation accrue des outils numériques pour faciliter leurs usages. »

Droits photo : TRam T3 – © DR
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